Le baril de pétrole à 90 $ en baisse de 20 % depuis juillet

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Le prix du baril de pétrole ne cesse de baisser, malgré la situation en Irak et en Libye. Il est en baisse de 20 % depuis juillet dernier. Une situation similaire à celle qui a prévalu au temps de la première guerre contre l'Irak en 1991, même si le baril de Brent se vend aujourd'hui à 90 $ et non à 12 ou 10 $. Les prévisions tablent sur une chute pour se situer entre 80 et 85 $.

Les analystes expliquent cette chute en premier lieu par une offre surabondante. La situation en Irak et en Libye n'a pas eu d'effet sur la production de pétrole de ces deux pays ni sur celle des autres pays producteurs dans la région et la crise ukrainienne n'a pas eu d'effet sur les capacités de production de la Russie. Les exportations de la Libye ont plutôt progressé. La montée en flèche de la production de pétrole et de gaz de schiste aux USA (8,5 B pompées au mois d'août) a introduit un changement majeur en réduisant la dépendance de la première économie du monde, leurs importations passant de 60 % à 30 %. Cette dépendance est appelée à diminuer encore plus en 2015. Mais la demande a eu son effet également selon les mêmes analystes. En plus de la réduction de la demande américaine, qui a touché les pays exportateurs africains, la croissance toujours atone en Europe, le ralentissement de la croissance des Brics, surtout la chine (deuxième plus gros consommateur d'énergie), ont réduit la demande et risquent de la réduire encore plus si les dernières prévisions du FMI relatives aux perspectives de la croissance mondiale se confirment.

Les gains au niveau du prix du baril de pétrole sont toutefois réduits par un raffermissement du dollar, monnaie de calcul des prix de pétrole et des carburants, face aux autres monnaies. Ce raffermissement est appelé à durer et s'intensifier en raison du prolongement de la politique accommodante de la BCE qui vise à pousser le taux de change de l'Euro face au dollar à la baisse et qui constitue l’un des objectifs d'une politique monétaire de lutte contre le risque de déflation en Europe. Le dollar a également un effet sur le fret et les autres coûts de production des carburants.

C'est ce qui explique que les prix à la pompe, annoncés ici et ailleurs, ne baissent pas au rythme de la baisse du prix du baril de pétrole. Il n’en demeure pas moins que ces prix doivent baisser, et avec eux le prix de l'électricité, sinon le gouvernement sera accusé de renforcer la situation de rente et d'enrichir quelques personnes, qui bénéficient déjà de marges confortables, au détriment de la communauté nationale et de l'Etat.