Le gouvernement n'a toujours pas pu maîtriser le déficit budgétaire malgré une baisse des dépenses de la compensation de 40 %

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Le solde ordinaire du trésor à fin avril 2014 a été négatif de 9 MMDH mais en baisse par rapport à son niveau à la même période de l'année passée de 3 MMDH. Par contre le déficit global ou déficit budgétaire  a connu une hausse en passant à 25,5 MMDH contre 22,9 MMDH à fin avril 2013.

Le déficit budgétaire s'est creusé en dépit de la montée du solde positif des comptes spéciaux du trésor  à 5,7 MMDH contre 4 MMDH seulement une année auparavant. La hausse du solde positif dégagé par les CST à fin avril 2014  est imputable, principalement, aux dons des pays arabes du golfe pour un montant de 2,1 MMDH.

 Compte tenu d’un besoin de financement de 27,7 MMDH contre un besoin de financement de 27,8 MMDH à fin avril 2013 et d’un flux net négatif de 3,3 MMDH du financement extérieur contre 2,8 MMDH un an auparavant, le trésor a eu recours au financement intérieur pour un montant de 31 MMDH contre 30,5 MMDH à fin avril 2013.

 Le financement extérieur a été négatif de 3,3 MMDH en raison du remboursement du principal de la dette extérieure pour un montant de 3,8 MMDH.

C'est ce qui ressort des données statistiques publiées par la trésorerie générale du royaume sur l’exécution de la loi des finances 2014 durant les quatre premiers mois de l'année.

Ces données nous renseignent également que les recettes ordinaires ont enregistré une hausse de 0,2 % seulement alors que les dépenses ordinaires émises ont baissé de 3,8 %. Les recettes ordinaires ont été réalisées à hauteur de 32,6% des prévisions de la loi des finances, les dépenses ordinaires ont été exécutées pour 33% et 42,9% des dépenses d’investissement ont été émises.

 Le taux de couverture des dépenses ordinaires par les recettes ordinaires a été de 87,8% contre 84,4% un an auparavant. Ainsi, à fin avril 2014, 53% de ces recettes ont été consacrées aux dépenses de personnel, 15,3% aux dépenses de la compensation et 15,2% aux charges en intérêts de la dette. Une partie des dépenses ordinaire a été couverte par le recours à l'emprunt.

L'entrée en vigueur des mesures visant à réduire les subventions accordées aux carburants et la baisse du prix du baril de pétrole sur le marché international ont permis de réduire les émissions au titre de la compensation de 40 %. Ces émissions sont passées à 9,9 MMDH contre 16,5 MMDH une année auparavant. Les recettes de la TIC sur les produits énergétiques ont enregistré, par contre, une progression de 21,7 %  par rapport aux quatre premiers mois de l'année 2013, atteignant 5 MMDH contre 4,1 MMDH.

S'agissant des recettes, les données de la trésorerie générale du royaume nous informent que les recettes réalisées au titre de la fiscalité domestique se sont élevées à 37,8 MMDH à fin avril 2014 contre 37,6 MMDH à fin avril 2013, soit une augmentation de 0,7% ou +260 MDH seulement, grâce notamment à la progression des recettes de l’impôt sur les sociétés  qui se sont établies à 14,2 MMDH  contre 12,8 MMDH un an auparavant, en hausse de 11,2%, ou  +1,4 MMDH, sachant que les recettes de l’IS réalisées à fin avril 2013 avaient enregistré une baisse de 19,7% ou -3,1 MMDH (12,8 MMDH à fin avril 2013 contre 15,9 MMDH à fin avril 2012).

L’augmentation des recettes de l’IS à fin avril 2014 résulte notamment de l’augmentation des versements effectués par certains gros contribuables (BCP, IAM, ...), conjuguée à la baisse des versements d’autres gros contribuables (OCP, Bank Al-Maghrib, Agence de la conservation foncière, ...).

 Les recettes de la TVA, qui se placent au devant des recettes des impôts, ont enregistré une régression de 3,7 % par rapport à leur niveau à fin avril 2014. Cette régression est le résultat d'une baisse de 12,1 %  des recettes de la TVA à l'intérieur contre une hausse des recettes de la TVA à l'importation de 2,2 % seulement. La baisse des recettes de la TVA à l'intérieur est le reflet d'une baisse de la consommation et de l'activité, chose qui risque de s'amplifier. Un sentiment de morosité s'installe poussant ceux qui disposent des moyens à différer leur consommation sans que ça n'alimente l'épargne privée, qui reste à un niveau bas.

Les recettes non fiscales se sont, pour leur part, établies à 4,8 MMDH, en baisse de 25,1% par rapport à leur niveau d’avril 2013, en raison de la baisse des recettes de monopole et des fonds de concours, conjuguée à la hausse des recettes en atténuation des dépenses de la dette et à la réalisation de 2 MMDH au titre de la privatisation ( Cession des parts de l’Etat dans le capital de la Banque Centrale Populaire a rapporté 2.046 MDH)

Le gouvernement qui commence à se montrer confiante doit se méfier de l'illusion. Les données citées dans cet article prouvent que  rien n'est acquis et les risques de dérapages demeurent.