Le gouvernement s'engage à mettre un programme d'austérité et de libéralisation contre une nouvelle ligne de précaution et de liquidité

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Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé le 28 juillet une nouvelle ligne de précaution et de liquidité (LPL) en faveur du Maroc  d'un montant équivalant à 3,2351 milliards de DTS (environ 5 milliards de dollars, ou 550 pour cent de la quote-part du Maroc au FMI) mise à la disposition du gouvernement marocain pendant 2 ans à compter du début du mois d'aout 2014.  Cette décision de CA du FMI survient à la veille de l'expiration du délai d'un accord similaire approuvé il y a deux ans. Les autorités marocaines ont indiqué qu'ils avaient l'intention de traiter l'accord comme précaution, comme ils l'ont fait avec la LPL 2012, et n'ont pas l'intention d'effectuer des tirages sauf si le Maroc fait face à une détérioration de sa balance de paiement selon un communiqué du FMI. L'octroie de cette deuxième LPL est conditionné par la poursuite d'un programme approuvé par le gouvernement auparavant dans une lettre d'engagement signée par le ministre de l'économie et des finances. Ce programme a été au centre de la déclaration faite par le chef du gouvernement Abdalilah Benkirane devant le parlement dernièrement. Il comporte la poursuite du processus de décompensation, la réforme du CMR, la réduction du déficit budgétaire, le maintien d’une réserve de devises permettant le paiement des échéances de la dette extérieure, la flexibilisation du taux de change du dirham et des rapports du travail... Après la réunion du CA du FMI sur le Maroc, M. Noayuki Shinohara, directeur général adjoint du FMI et président par intérim du Conseil, a détaillé les recommandations de l'institution monétaire internationale qui engagent "les autorités marocaines à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieurs tout en jetant les bases d'une croissance  forte et inclusive. Pour atteindre ces objectifs, il sera important de contrôler les dépenses et de réussir les réformes majeures, y compris celles des subventions et du système fiscal. L'adoption rapide d'une nouvelle loi organique du budget sera essentiel afin de renforcer et de moderniser le cadre budgétaire.  Le choix d'un régime plus flexible du taux de change, en coordination avec les autres politiques macroéconomiques aiderait également à soutenir la compétitivité de l'économie et de renforcer sa capacité  à absorber les chocs. Faire avancer les réformes structurelles pour améliorer le climat des affaires, le système judiciaire, l'accès au financement, et le marché du travail sera crucial pour parvenir à une croissance plus élevée et l'emploi ».

Répondant aux interventions des groupes de l'opposition, dans le cadre de la discussion du bilan d'étape du gouvernement, Abdalilah Benkirane a exprimé son attachement aux engagements prises vis à vis du FMI avec force tout en affirmant  qu'il tient à mener le programme imposé jusqu'au bout sans se soucier des conséquences. Le chef des islamistes étant sur de gagner les élections.