Le nouveau Nobel d’économie contre l’austérité et les contrats CDD

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En ces moments de crises, la France avait besoin d’un événement qui lui permettrait d’échapper à un sentiment ambiant de décadence, source de paniques et de réflexes irrationnels, reflétés par la montée de l’extrême droite xénophobe et raciste. Les interventions militaires n’ont pas suffit, en l’absence de perspectives de sortie de la récession. Le fait que les prix nobels soient décernés à deux français (Lettres et économie) cette année est un événement qui aura un effet psychologique réconfortant.

Si les Français ont l’habitude de « gagner » le trophée littéraire, le registre des Nobels d’économie ne comptait que deux Français jusqu’à hier (Gérard Debreu et Maurice Allais), en plus du franco-israélien Kahen Man, plutôt psychologue qu’économiste. Enfin, un troisième vient d’être décerné à Jean Tirole.

Avant l’annonce du nouveau Nobel d’économie cette année, la question qui se posait était : va-t-on rééditer le choix de l’année dernière qui a marqué le retour de l’académie suédoise à son penchant pour les new classiques en décernant ce prix à Shiller d’une part et deux new classiques d’autre part ?

Le choix de Jean Tirole, qui n’est pas le meilleur des milliers de candidat à ce prix, même s’il consacre la continuité d’un penchant pour la fameuse théorie des jeux, marque un retour à la consécration du nouveau keynésianisme. Ce qui ne peut que réjouir les socialistes, même si Tirole n’est pas l’homme de l’engagement à l’exemple des Américains, Stieglitz, Akerloff (mari de la présidente du FED), Krugman et Shiller. Tirole, qui a fait des recherches sur la concurrence et la régulation des marchés, ne fait pas partie non plus des figures des institutionnalistes français connu sous le nom de régulationistes, post keynésien, dont les plus connus : Michel Aglietta ou encore Robert Boyer.

La principale leçon que le gouvernement marocain peut retenir de Jean Tirole est : « Une politique budgétaire intelligente, ne prévoit ni coupes à la hussarde dans les dépenses publiques ni augmentation déraisonnée de la pression fiscale. Il s’agit de mener un retour à l’équilibre budgétaire sur le moyen terme et ce, sans anéantir la croissance d’aujourd’hui ni obérer celle de demain.  ». L’autre leçon concerne son projet de loi sur l’emploi CDD, défendu par l’ex communiste Abdeslam Seddiki, qui est rejetté par le nouveau Nobel d’économie appelant à un contrat unique, CDI, avec période d’essai, et à mettre un terme aux licenciements abusifs en instaurant une taxe de licenciement.