Le rapport accablant de la Cour des comptes

5437685854_d630fceaff_b-
1
Partager :
couv-jettou La Cour des comptes vient de rendre public des rapports annuels pour l’exercice 2013. Sous la présidence de Driss Jettou, les magistrats de la Cour des comptes ont passé aux cribles 16 institutions et organismes publics au titre de l’année 2013.  Il s’agit entre autres du promoteur Al Omrane, de l’ANPME, l’AMDI, l’ONMT de la BNRM ou encore la Maison de l’artisanat (MDA). Constat : des lacunes et des dysfonctionnements à la pelle tant au niveau managérial que structurel. Globalement, on reproche à ces institutions au cours de l’exercice 2013 une gestion financière qui laisse à désirer, des objectifs jamais atteints, ainsi que des failles managériales. Des objectifs jamais atteints pour Al Omrane Rabat Les principales observations relevées ont concerné l’exploitation de l’assiette foncière, la réalisation des objectifs à terme d’Al Omrane ou encore les partenariats public-privé. L’examen des opérations à terme qui sont déclarées achevées au 31/12/2013 a permis de constater que, de manière globale, les taux d’achèvement des produits programmés se situent entre 40% et 89%. En particulier, le taux de réalisation des produits sociaux et de prévention demeure limité. De plus, l’exécution des conventions « Villes sans bidonvilles » accuse un retard important. Ces conventions ont été signées entre 2000 et 2009 avec des dates d’achèvement prévisionnelles entre 2006 et 2010. La majorité des opérations, à terme, a largement dépassé le délai de réalisation. Certaines d’entre elles ne sont pas encore lancées comme le cas de la convention d’Ain Atiq. D’autre part, l’examen des opérations de partenariats, initiées par Al Omrane, a permis de constater que les objectifs escomptés n’ont pas été atteints (seulement 28%). Le rapport souligne que la société escomptait, également, gagner sur les délais de réalisation des opérations de logements sociaux. Mais, il a été constaté que certaines opérations ne sont pas encore lancées et que la réalisation d’autres a accusé un retard atteignant parfois jusqu’à 10 ans. L’ONMT cherche positionnement L’Office Nationale Marocain du Tourisme (ONMT) semble avoir laissé de côté sa principale mission, soit la promotion de l’image du Maroc. D’après la Cour des comptes, les dysfonctionnements sont au niveau de ses choix de positionnement, ainsi que des défaillances managériales, autant de points handicapant la capacité de réalisation des objectifs. « Les imprécisions en matière de définition des choix de positionnement dénotent de l’absence de processus susceptibles d’aider à l’identification d’objectifs réalisables, d’allouer des moyens budgétaires et humains, et de définir des tâches précises qui incombent à chaque intervenant aussi bien au sein de l’ONMT qu’au niveau des délégations », précise le rapport. ANPME manque de réalisme La Cour des Compte a taclé l’Agence Nationale pour la Promotion de la Petite et Moyenne Entreprise (ANPME) dans son rôle principal d’accompagnateur des PME. Que ce soit à travers ses programmes Imtiaz, Moussanada ou encore Inma société, l’ANPME n’a pas atteint les objectifs escomptés. Pis encore, les comptes d'Inma affichent une aberration financière, les charges du personnel dépassant de loin le chiffre d’affaires. Ladite agence serait aussi en manque de profils en matière d'organisation et de structure, de dispositifs puissants pour la commercialisation des programmes, ainsi que d’un système de comptabilité adéquat. L’Artisanat fait dans l’approximatif De son côté, la Maison De l’Artisan (MDA), qui a un plan s’étalant jusqu’en 2015, n’a pas réalisé ses objectifs. Le rapport cite l’exercice 2011 comme référence. Le chiffre d’affaires à l’export ne représentait que 5% des objectifs tracés pour la date butoir. Cela est notamment dû au plan d'action très approximatif voire même hasardeux que la MDA a mis en place. L’Agence a aussi négligé la formation, la recherche et l’information commerciale durant ces dernières années. En tout cas, les rapports sont là et ils pointent avec précision les lacunes. Reste à voir si le législateur fera son suivi. AMDI : laxisme à tous les niveaux Dans le cas de l’Agence Marocaine de Développement de l’Investissement (AMDI), le rapport pointe en particulier le fait qu’elle n’est pas très active dans la promotion du Plan national d’émergence industrielle. Il faut dire aussi que l’AMDI ne bénéficie pas d’un cadre bien précis concernant ses rôles. A titre d’illustration, entre février 2012 et septembre 2013, le poste de directeur général était resté vacant. Missions non accomplies pour la BNRM L’examen des bilans des activités de la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc (BNRM) a révélé qu’elle ne remplit pas pleinement son rôle de coordination et de coopération en tant que chef de file au sein du réseau national des bibliothèques. A ce titre, les magistrats de la Cour des Comptes ont constaté que la BNRM n’a, à ce jour, entrepris aucune initiative pour assurer le contrôle de la normalisation bibliographique, aussi pour mettre en œuvre, à l’échelle nationale, des programmes de traitement, de sauvegarde et de diffusion du patrimoine manuscrit à travers des projets d’informatisation et de numérisation des bibliothèques, et en plus pour organiser des programmes de formation visant à mettre à niveau le personnel de ces bibliothèques. En outre, la BNRM ne participe pas à l’activité scientifique nationale et internationale, et n’a pas élaboré des programmes de recherche en relation avec ses missions et avec le patrimoine documentaire dont elle a la charge.