Marrakech à l’heure du commerce mondial

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couv-benki-omc La place de l’Afrique dans l’échiquier du commerce international concentre les débats de cette réunion panafricaine. C’est aujourd’hui à Marrakech qu’a débuté la conférence des ministres africains organisée à l’occasion du 20ème anniversaire de la création de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Un parterre de personnalités politiques et économiques est venu des quatre coins du continent pour débattre les défis avenirs du commerce multilatéral panafricain. Un système commercial plus équitable et plus ouvert qui soit en mesure de relever les défis de la croissance économique et du développement durable du continent africain. Dans son mot d’ouverture, le chef du gouvernement Abdelillah Benkirane a tenu à rappeler la responsabilité historique de l’Organisation, qui a pour rappel vu le jour il y a deux décennies à la ville ocre, de promouvoir le commerce international, de contribuer à son équilibre et de le mettre au service du développement des processus de libéralisation commerciale dans le cadre des accords de libre-échange. Bilan 20 ans après ? Plutôt concluant. Depuis la conférence de création de l'OMC, l'organisation a étendu ses règles et ses standards à un grand nombre d'économies à travers le monde. La vision des fondateurs de l'organisation, basée sur la coopération et un commerce véritablement globale, s'est concrétisée. « Ensemble, les pays membres de l'OMC représentent désormais 98% du commerce mondial. Aujourd’hui le monde serait inimaginable sans cette organisation qui joue un rôle crucial dans la gouvernance globale », affirme Roberto Azevedo, directeur général de l’OMC présent également à cette occasion. En effet, l'OMC fait désormais face à des questions encore plus sérieuses qui vont nécessiter une gestion encore plus fine. « Seule l'OMC peut et doit jouer un rôle important et trouver une réponse adéquate à ces questions dans cette nouvelle configuration de la mondialisation, de manière que ses mécanismes soient plus efficients et que le commerce soit de plus en plus équitable à travers le monde », soutient Moulay Hafid Elalamy ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique et initiateur de cet événement. L’événement, qui se poursuit jusqu’au jeudi 9 avril, accueille une pléiade d’intervenants qui enrichiront le débat. Des panels, des tables rondes ainsi que des réunions restreintes interministérielles sont au programme de ces 48h au profit du commerce international et plus spécialement continental. L’Afrique, ce jeune continent L'ambition de l'Afrique de jouer un rôle économique de premier plan n'est pas tributaire uniquement de la libéralisation du commerce. Elle devrait être associée à des stratégies de développement innovantes à même de renforcer le positionnement du continent au sein du système commercial international. Ainsi, relever les défis actuels et futurs auxquels font face les pays africains passe avant tout par une révision profonde du système d'assistance commerciale, étant donné que l'Afrique n'a plus besoin d'aides destinées uniquement à financer l'expertise étrangère, mais plutôt d'accompagnement et de partage d'expérience afin de lui permettre de prendre en charge son propre destin. Il est à noter que l’Afrique qui compte 16% de la population mondiale, ne représente que 3% des échanges économiques internationaux. Néanmoins, le continent offre d'énormes opportunités permettant de rattraper ce retard. Les responsables présents à Marrakech souhaitent qu'une véritable ouverture panafricaine puisse s'installer et que le continent puisse renforcer ses échanges avec le monde. Verbatim : Abdelillah Benkirane, Chef du gouvernement : Abdelilah-Benkirane Le royaume ne ménagera aucun effort pour contribuer à l'élaboration d'une vision future visant le renforcement de la participation des pays africains à la mise en place des normes régissant le système commercial multilatéral. Moulay Hafid El Alamy, ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique : format_web_my_hafid_elalamy_pdg_cnia_16 Le choix du Maroc pour une économie libérale ouverte a permis au royaume de renforcer son tissu économique. Ainsi, la fermeture d'un pays donne des opérateurs handicapés, alors que son ouverture lui permet de se renforcer et de se frotter au monde. Roberto Azevedo, DG de l’OMC: OMC---Roberto-Azevedo Je suis ravi d'être au Maroc, pays dans lequel l'organisation a vu le jour et où un nouveau chapitre de l'histoire de l'économie mondiale a commencé. Il est évident que cette conférence n'aurait pu avoir lieu dans un endroit plus parfait que la cité ocre. Le terme Marrakech est en lui-même devenu synonyme de l'OMC.