Pourquoi Bank Al Maghrib a baissé le taux directeur

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couv-bank-almaghreb Bank Al Maghrib a encore une fois opté pour une revue à la baisse de son taux directeur à 2,5%. La Banque Centrale a gardé inchangé le taux de croissance pour cette année à 2,5%. A l'issue de son Conseil trimestriel tenu ce mardi 16 décembre, Bank Al Maghrib a maintenu sa prévision de croissance pour 2014 inchangée à 2,5%. Pour 2015, la Banque Centrale estime que la progression du PIB devrait s'accélérer pour atteindre +4,4%. Cette dynamique serait attribuable à la poursuite de l'orientation positive des activités non agricoles et, dans une moindre mesure, à la reprise mécanique de la valeur ajoutée agricole toujours en prévision d’une bonne année agricole. Au volet commercial, les données des comptes extérieurs à fin novembre témoignent d'un allègement significatif du déficit commercial, sous l'effet conjugué de l'amélioration des exportations et de la diminution de la facture énergétique (-8,3%). Au volet paiements, les recettes voyages se stabilisent, tandis que les transferts des MRE ressortent en légère amélioration de +1,3% et les flux d'IDE marquent une hausse de 10%, permettant, de facto, aux Réserves Internationales Nettes de couvrir 5 mois et 5 jours d'importations de biens et services. Dans ces conditions et compte tenu de l'encaissement escompté de flux en provenance des pays du CCG, chiffrés à 10,8 milliards de DH à fin novembre 2014 (contre 5,3 milliards en 2013) et, sous l'hypothèse du maintien des cours du pétrole aux niveaux actuels, le déficit du compte courant devrait s'atténuer à 6% du PIB à fin 2014. Cette tendance devrait en principe se poursuivre en 2015, avec un déficit du compte courant contenu à 5% du PIB, à condition d'un maintien de la demande étrangère adressée au Maroc. Au volet des Finances Publiques, la Banque Centrale estime que l'objectif d'un déficit de 4,9% du PIB pour 2014 devrait être atteint avec la perspective de le ramener à 4,3% du PIB en 2015, conformément aux chiffres du Projet de la Loi de Finances. D’autre part et tenant compte, d'une part, de la hausse du SMIG entrée en vigueur en juillet 2014 et de celle devant intervenir en juillet 2015 et, d'autre part, des révisions des tarifs d'eau et d'électricité, ainsi que des prévisions des cours des produits pétroliers, l'inflation devrait continuer à évoluer à des taux relativement bas, avec une balance des risques équilibrée. Elle devrait se fixer à 0,4% pour l'ensemble de l'année 2014, à 1,2% en moyenne en 2015 et à 1,3% au terme de l'horizon de prévision, soit le premier trimestre 2016. Compte tenu de cette prévision centrale d'inflation, de l'objectif de maîtriser le déficit budgétaire, de soutenir l'amélioration du niveau des réserves de change, et en vue de dynamiser davantage la reprise de l'activité économique, le Conseil a décidé d'abaisser une nouvelle fois le taux directeur passant de 2,75 à 2,5%. Cette décision devrait en principe permettre d'insuffler une nouvelle dynamique à la distribution des crédits bancaires en vue d'accompagner la reprise économique escomptée pour 2015, sans pour autant provoquer une augmentation de l'inflation induite par la création monétaire.