Pourquoi l’OCP affiche des résultats semestriels en baisse

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C’était du moins prévisible. L’OCP affiche des réalisations en berne au terme des six premiers mois de cette année. Et pour cause : Il ne suffit pas d’être le plus grand producteur de phosphate dans le monde pour ne pas se soumettre aux aléas du marché mondial. Le fleuron de l’industrie marocaine traverse une baisse de régime due essentiellement à la baisse des cours sur le marché international. Nous sommes loin des pics de 2011 (202 dollars la tonne). La tonne est passée de 185 en 2012 à 164 dollars en 2013 pour se stabiliser à quelques 110 dollars depuis juin dernier. Pour les analystes, le marché avait amorcé un cycle baissier depuis la fin de 2011. Cependant, la bonne nouvelle est que les experts s’attendent à une reprise pas avant 2015. Parallèlement à la baisse des cours à l’international, un nouvel entrant devrait perturber le monopole de l’OCP. Il s’agit de l’industriel saoudien Ma’aden, qui a mis en 2013 sur le marché sa production. Les Saoudiens arrivent sur le marché des phosphates avec des arguments solides. L’un des intrants les plus importants dans l’industrie des phosphates est le gaz. Une ressource dont dispose largement ce nouvel opérateur, contrairement au Maroc qui dépend totalement des importations. Mieux encore. Au-delà des facteurs de production favorables, la position géographique de l’Arabie Saoudite s’avère un argument compétitif, le premier marché de consommation des phosphates n’étant autre que l’Inde. Mécaniquement, cela implique à une augmentation de l’offre sur le marché mondial. Deux conséquences immédiates sont déjà perceptibles: une réduction des parts de marché des opérateurs déjà existants et une baisse du cours mondial des phosphates.

Dans de moindres mesures, l’arrêt pendant quelques semaines du port de Jorf Lasfar en raison des conditions climatiques a sans doute son mot à dire sur les réalisations du groupe phosphatier au terme du premier semestre.

Dans ces conditions, le chiffre d’affaires consolidé du groupe a perdu quelque 1,4 milliard de DH pour s’établir à 23,1 milliards à fin juin 2014. Le résultat d’exploitation de son côté accuse une baisse de 15,9% à 3,7 milliards. Pour sa part, le résultat courant passe de 4,6 à 3,5 milliard de DH sur une année glissante. Toutefois, un indicateur est au vert. Il s’agit du résultat non courant qui sort du négatif en juin 2014 pour s’établir à 218 millions de DH une année après.

Le résultat net part du groupe, quant à lui, s’inscrit en baisse de 17,7% pour s’établir à 3 milliards de DH.

Cependant, les réalisations de l’OCP ressortent sans incidence sur la balance commerciale. Au titre des sept premiers mois de l’année le déficit commercial maintient sa stabilité. Le creusement relevé à fin juillet démontre un solde négatif de 116,7 milliards de dirhams contre un déficit de 117,4 milliards de dirhams une année auparavant. La baisse des exportations du phosphate et dérivés ont été compensées par la bonne tenue des autres exportations (hors phosphates et dérivés). A fin juillet, celles-ci progressaient considérablement de 11,9% à 95,8 milliards de DH. Un manque à gagner de la part des phosphates qui auraient pu résorbé d’avantage le déficit de la balance désormais structurel.