Prêt de titres : Un nouvel instrument pour redynamiser la Bourse de Casablanca

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couv-bourse Enfin un instrument qui pourrait dynamiser le marché boursier. Faisant partie de la fameuse réforme du marché financier, le prêt de titres fait une entrée discrète à la place casablancaise. « Avec la publication de la loi sur le prêt de titres en février 2013 et le modèle de convention cadre du Conseil Déontologique des valeurs mobilières (CDVM) en mars dernier, le prêt de titres est un outil qui peut être aujourd'hui opérationnalisé au Maroc », fait ressortir cette étude sur « le prêts de titres » réalisée par Cejefic consulting, un cabinet spécialisé dans le conseil en finance de marché et en organisation. Pour les non initiés, le prêt-emprunt de titres est une opération pratiquée sur les marchés financiers consistant à prêter des titres contre la promesse de restituer des titres de même nature à une date future moyennant une commission payée par l'emprunteur au prêteur. Elle contribue à favoriser la liquidité du marché financier, améliorer son efficience tout en aidant à garantir les transactions. L’étude s'intéresse ainsi aux mécanismes fondamentaux du prêt de titres ainsi que les « best practices » au niveau international, et mène une réflexion sur les implications et la mise en place de ces opérations dans le marché financier national grâce notamment à la contribution de divers acteurs du secteur. En matière de réglementation, quel que soit le dispositif, elle est par définition évolutive et accompagnera naturellement le développement de cette activité, notant que le dispositif réglementaire mis en place permet l'opérationnalisation du prêt de titres. « Les opérations prêt de titres sont actuellement encadrées et se chiffrent à plusieurs milliards de dirhams. Elles doivent être déclarées pour restituer l'information au marché et le doter de données chiffrées et statistiques », précise Hicham EL Alamy, DGA du CDVM. Il ajoute que « dans la mise en place du dispositif réglementaire, nous avons commencé par faire un benchmark pour essayer d'encadrer le maximum de risques qui sont communs au prêt de titres à travers le monde. Parmi les nombreux risques que présente le prêt de titres (de contrepartie, juridique, opérationnel), le risque de liquidité est celui auquel il faut le plus faire attention au Maroc, a estimé, pour sa part Brahim Sentissi, directeur de Cejefic consulting. Il note que les opérations de prêt de titres, de par leur complexité, sont soumises aussi à des risques opérationnels, notamment en ce qui concerne la gestion des appels de marge, les opérations sur titres, le règlement/livraison des titres et de la garantie, le calcul et la récolte de la commission du prêt. Ainsi et pour mieux les gérer, les intervenants ont recours à certaines mesures comme l'externalisation de la gestion opérationnelle et le développement ou l'acquisition de systèmes d'information performants, en vue d'automatiser la gestion opérationnelle du prêt de titres. Les intervenants optent également pour la « Muraille de Chine » pour prévenir les risques de malveillance et de fraude et séparer au maximum en interne les rôles et responsabilités. D’autre part, « le prêt-emprunt de titres tel qu'utilisé aujourd'hui sert essentiellement au financement des banques. Il n'est pas une finalité en soi, mais un moyen », relève Charif Hamzaoui, directeur du développement des marchés de capitaux CDG-Capital. Il met l’accent également sur les problématiques entravant la mise en pratique de la réglementation et donc le décollage de cette activité. Pour lui l'absence de visibilité sur la formation des prix de ces prêts, la gestion des appels de marge et le problème de la formation, outre l'impossibilité de prêter un titre emprunté. Pour concrétiser cet enjeu de taille, divers challenges devront être relevés, selon l'étude qui résume les facteurs de succès de ce type de prêt au Maroc en six points à savoir: une réglementation adaptée, la transparence du marché, la formation des acteurs, l'émergence d'intermédiaires spécialisés, la liquidité des titres et le prêt de titres de la part des institutionnels. Le cabinet auteur de l'étude préconise dans ce cadre l'élaboration d'un « livre blanc » du prêt de titres au Maroc, qui devra permettre de regrouper les best practices de ces opérations dans le contexte national et ainsi guider les professionnels dans leur pratique quotidienne.