Réforme de retraites, ça continue

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Tant attendu, le CESE se prononce concernant les réformes du système des retraites. Des recommandations qui vont dans le sens les doléances des syndicalistes. Sujet épineux…

Sur la réforme des retraites, le gouvernement et les syndicats s’affrontent. Saisi pour avis par le chef de gouvernement durant le mois d’août, le CESE se prononce finalement sur la réforme des retraites. Contrairement à ce que l’UMT prévoyait dans son mémorandum adressé au CESE, l’avis du conseil n’est pas du goût de Benkirane.

Le conseil propose au gouvernement d’établir une loi de cadrage pour juin 2015. Objectif : définir une vision claire de la réforme et planifier un calendrier des étapes à suivre pour les régimes privés et publics. Pour trouver un terrain d’entente entre le gouvernement et les syndicalistes, Nizar Baraka propose de revenir au consensus, datant de 2004, acquis dans le cadre des travaux de la commission nationale de la réforme des retraites.

Ce projet d’avis rejoint la position des syndicats en matière de relèvement de l’âge des retraites à 65 ans. Il affirme que le relèvement ou non de l’âge de départ en retraite est du ressort de l’employé lui-même. Ce relèvement doit rester facultatif. Le Conseil recommande « d’assurer la possibilité, à ceux qui le souhaitent et en font la demande, de repousser leur mise à la retraite au-delà de l’âge légal et dans la limite de 65 ans, et ce en vue d’atteindre un taux plein de remplacement et améliorer ainsi la base de calcul de leurs pensions. Ceux-ci bénéficieraient d’un grade spécial. »

Ce n’est pas tout. L’avis du CESE s’allie aux syndicalistes au sujet de l’augmentation du taux de cotisation de 20 à 28%. Il recommande de retenir « le principe de l’effort de contribution équitablement réparti entre l’État-employeur et les employés, à raison de deux tiers pour l’État-employeur et un tiers pour l’employé ».

Par ailleurs le conseil recommande d’impliquer les syndicats dans les organes d’orientation, de gouvernance des régimes et dans le comité de choix des investissements.

Le match semble être remporté pour les syndicalistes. Mais rien n’est confirmé jusque là. Il faut attendre les résultats du vote de l’assemblée général du CESE, prévu pour aujourd’hui, le 25 Septembre.

A suivre…

Selon Jouahri, la réforme s’impose

Alors que le CESE recommande une loi cadre pour juin 2015, Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank-Al-Maghrib, a mis l’accent sur l’urgence de la réforme. Laisser trainer l’affaire pourrait coûter très cher au pays. « Ce chantier est lancé depuis 10 ans. Aujourd’hui, la réforme paramétrique s’impose si nous voulons éviter à l’Etat un déficit calculé en centaines de millions de dirhams », affirme-t-il

Le gouverneur de la banque centrale invite le gouvernement et les syndicats à plus de sagesse. L’intérêt du pays prime. « Je n’ai aucun doute que les deux parties placent l’intérêt de l’Etat en priorité. Mais les syndicats devront être sensibles à l’urgence de la réforme de même que le gouvernement est appelé à prendre en considération les requêtes des syndicalistes. Il est nécessaires que les uns et les autres convergent vers un consensus », ajoute-t-il.

Jouahri était optimiste quant à la décision du CESE. Selon lui, elle pourrait-être bien fondée vu que le conseil regroupe toutes les parties prenantes.

Système des retraites : des placements arbitraires

Relever l’âge de départ en retraite, augmenter le taux des cotisations,… sont-elles des solutions suffisantes pour sauver le système de retraites ? A priori non. Si la solution devrait émaner du système de collecte des cotisations, le placement de celles-ci dans le marché financier est une autre paire de manche. La politique de placement de la CMR a toujours été remise en cause et pointée du doigt par la cour des comptes. Les placements boursiers effectués par la Caisse en 2008 dans les actions BNDE et Managem avaient totalisé des pertes d’environ 92 millions de DH, d’après un rapport de la cour des comptes en 2008. Des placements hasardeux qui coutent cher aux caisses des retraites. Il est donc important de rationnaliser les politiques de placement des caisses de retraite.