Une croissance faible au début de l'année à cause du retrait de la VA de l’agriculture selon le HCP

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La croissance de l'économie marocaine demeure tributaire de l'agriculture, c'est ce qu'affirme le HCP  dans un point de conjoncture. Cette réalité amère confirme la persistance du sous développement de notre économie, malgré quelques avancées au niveau des infrastructures et les services. Les discours politiciens divertissants, même s'ils maintiennent une certaine popularité, ne servent qu'à entretenir le statu quo et retarder la marche vers la modernisation de l’économie et de la société.

Selon la note de conjoncture du HCP, daté avril 2014, la croissance économique nationale a décéléré au premier trimestre 2014, se situant aux environ de 2,5%, en glissement annuel, au lieu de 4,5% un trimestre plus tôt. Cette décélération incomberait à une contribution négative du secteur primaire à la croissance globale, après une campagne agricole exceptionnelle en 2013.

Les activités non-agricoles ont légèrement repris, sous l’effet d’une amélioration de la demande extérieure adressée au Maroc, affichant une hausse de 3,5%, au lieu de 2,2% au quatrième trimestre 2014.

 Au deuxième trimestre 2014, l’économie nationale devrait croître à un rythme toujours modéré, en ligne avec le retrait des activités agricoles.

Ainsi la note du HCP  rapporte que la demande extérieure adressée au Maroc a progressé de 4,6%, au premier trimestre 2014, au lieu de 3,1% un trimestre auparavant. Il en résulte une progression  des exportations de biens de 5,7%,  mais les importations ont augmenté en même temps à un rythme plus rapide, estimée à 6,7%, en glissement annuel. Cette situation se serait traduite par une aggravation du déficit commercial de 7,6%, en glissements annuels.

La croissance de la consommation des ménages, principal moteur de la croissance, a connu une décélération en ce début d’année selon le HCP. Après avoir réalisé une hausse de 4,9% au quatrième trimestre 2013, elle aurait progressé de 3,8% seulement en glissement annuel, dans un contexte d’une hausse de 2% des crédits à la consommation et d’une modération des prix à la consommation, qui serait passée de +1% un trimestre plus tôt à +0,5%, au premier trimestre 2014. La hausse de la consommation privée aurait porté particulièrement sur les produits manufacturés dont la progression aurait atteint environ 7,6%, à fin février.

La formation brute de capital s’est restée peu soutenue, durant la même période. L’investissement en produits industriels aurait décéléré. Les importations de biens d’équipement ont reculé de 9% et les crédits à l’équipement n’auraient progressé que de 0,7%, à fin février.  L’investissement dans le secteur du BTP, particulièrement l’immobilier, ont légèrement repris. L’encours des crédits à l’habitat a progressé de 6,2%, à fin février. Dans l’ensemble, la hausse de la FBC s(est située aux environ de 1% seulement en glissement annuel, au lieu de -1,5% un trimestre auparavant.

La valeur ajoutée agricole aurait affiché une baisse de 3,4% au premier trimestre 2014. A fin janvier 2014, le déficit pluviométrique a atteint 28% par rapport à la même période d’une année normale et 30,1% par rapport à la même période une année auparavant.

Profitant d’une amélioration de la demande extérieure adressée au secteur secondaire, les activités hors agriculture ont légèrement progressé au premier trimestre 2014, affichant une croissance de 3,5%, en glissement annuel. Les industries de transformation ont enregistré une croissance de 2,6%, au premier trimestre 2014 contre 2,7% un trimestre auparavant. Pour l’ensemble de l’année 2013, la croissance du secteur était restée en dessous de sa moyenne de long terme, se situant aux environs de 1,3%, après 1,4% en 2012 et plus de 3% en moyenne réalisée avant la crise internationale de 2008.

Le secteur de la construction semble de nouveau renouer avec la croissance positive, après cinq trimestres marqués par une conjoncture morose et un repli significatif de l’activité. La valeur ajoutée du secteur a progressé de 3,9% au premier trimestre 2014. Toutefois l’activité du secteur se serait maintenue en dessous de son niveau tendanciel de moyen terme.

La valeur ajoutée minière s’est légèrement améliorée au premier trimestre 2014, affichant une hausse de 0,7%, en glissement annuel, après avoir régressé de 1,9%, un trimestre auparavant. Cette légère amélioration est du à la reprise de la demande asiatique pour les fertilisants, après une sensible contraction en 2013, aurait stimulé un accroissement de la production locale des engrais phosphatées de 7,7%, en variation annuelle. En revanche, les quantités exportées de phosphate brut se seraient inscrites en baisse pour le cinquième trimestre consécutif.

Pour sa part, la valeur ajoutée énergétique a poursuivi son raffermissement au premier trimestre 2014, affichant une progression de 4,9%, en variation annuelle. Cette croissance a été alimentée par le raffermissement des activités électriques et celles du raffinage du pétrole (+10,1%, au cours de la même période).

Les activités tertiaires auraient enregistré une légère hausse, par rapport à l’année précédente. La valeur ajoutée touristique aurait réalisé une croissance estimée à 5,9%, en variation annuelle, après +4,1% au quatrième trimestre 2013. Les nuitées globales et les recettes voyages se sont raffermies, respectivement de 8,3% et de 1%, en glissements annuels. Les arrivées des touristes étrangers se sont, pour leur part, accrues de 11,8%, au cours de la même période.

Globalement et compte tenu de l’ensemble des indicateurs collectés jusqu’à fin février 2014, ainsi que des estimations sectorielles établies pour le premier trimestre 2014, la croissance économique nationale s’est établie aux environs de 2,5%, au premier trimestre, au lieu de +4,5%, un trimestre auparavant.

S’agissant du financement de l’économie, Le HCP rapporte que le déficit de la liquidité des banques s’est légèrement accru au début 2014. En effet, les opérations du Trésor, dans le cadre de son financement, ont été à l’origine des ponctions des liquidités bancaires. Corrigée des effets saisonniers, la masse monétaire n’aurait augmenté que de 0,2% au premier trimestre 2014 et s’accroîtrait de 1,6% au deuxième trimestre 2014, en glissements trimestriels. Les taux d’intérêt directeurs sont restés stables, alors que les taux interbancaires et les taux d’intérêt des adjudications des bons du Trésor ont légèrement régressé, au premier trimestre 2014. Parallèlement, les crédits à l’économie ont de nouveau diminué, enregistrant une baisse de 0,9%, et devraient augmenter de 1% seulement au deuxième trimestre 2014.

Quant aux perspectives de croissance au deuxième trimestre 2014, le HCP prévoit qu'elles seraient  dans l’ensemble, moins favorables qu’une année auparavant. Les activités agricoles baisseraient au rythme de -3,9%, en variation annuelle. A l’inverse, les activités hors agriculture devraient bénéficier d’une hausse de 4,5% du commerce mondial. Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc retrouverait un rythme relativement soutenu avoisinant les 5,3%, en glissement annuel, et profiterait particulièrement aux produits hors phosphate brut.

En dépit d’une baisse des revenus ruraux, la consommation finale continuerait de soutenir la croissance globale dans un contexte d’une modération des prix à la consommation (+0,4%). En revanche, l’investissement en travaux publics poursuivrait son ralentissement et celui du secteur industriel progresserait à un rythme relativement modéré et régulier.