Une zone de libre échange continentale, l’utopie africaine

5437685854_d630fceaff_b-
1
Partager :
couv-africéchange-continentale Les déséquilibres qui subsistent entre les Etats d’Afrique entravent  la création d’une zone de commerce commune au continent. Une zone de libre-échange continentale est-elle réalisable ? Les Etats africains se mettront-ils d’accord un jour pour mettre en œuvre cette utopie intra-africaine ? Une chose est claire, la création d'une zone de libre-échange continentale africaine n'est plus un luxe mais désormais une nécessité. C’est en substance le mot d’ordre du troisième panel de la conférence spéciale des ministres africains, organisée à Marrakech à l'occasion de la  célébration du 20ème anniversaire de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et qui a pris fin aujourd’hui jeudi. Intitulé "l'Afrique à l'épreuve de la globalisation", les participants ont mis l'accent sur le rôle que peut jouer l'OMC en  vue d'assurer une ouverture économique des pays africains, en harmonie avec  leurs réalités économiques. Des réalités qui se voient freinées par les tensions politiques qui planent sur les différentes régions du continent. Les chiffres en témoignent. Les flux des échanges commerciaux intra-africains sont faibles. Ils atteignent  une part d’à peine 11% en moyenne par rapport à l'ensemble des échanges  extérieurs du continent africain, alors que l'Asie a réalisé une part de 50%  et l'Amérique latine de 21% », déplore la panéliste Yacine Fall, représentante résidente de la Banque  Africaine de Développement (BAD) au Maroc.  Selon les participants, les échanges entre les Etats africains, dont la  plupart sont des petits pays à ressources économiques très limitées, font de  l'Afrique l'un des continents les plus fragmentés et les moins développés de la planète. Cette situation constitue un facteur de vulnérabilité économique  limitant les possibilités de croissance interne des pays africains et réduisant  leur poids dans les négociations commerciales internationales. L’autre frein de l’émergence du commerce intra-africain n’est autre que le développement des  infrastructures et des aspects liés à la logistique. Si le Maroc à l’instar d’une poignée de pays africains tentent d’améliorer leur connectivités et d’assoir une infrastructure logistique à dimension continentale, d’autres Etats pâtissent encore des problèmes de sécurité alimentaire ou encore d’instabilité politique.  Abdou Diop, directeur au cabinet Mazar, a listé plusieurs entraves au développement des échanges commerciaux  intra-africains liées, entre autres, au transport, à la logistique, à la  productivité, ainsi qu'aux systèmes inadéquats de financement du commerce. La solution pour lui est le développement de l'industrie manufacturière à forte valeur ajoutée  qui devrait  résoudre les  problématiques des barrières non-tarifaires.