DG ADER : la médina de Fès, dotée un système ancestral et millénaire de gestion de l’eau

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La médina de Fès est dotée d'un système ancestral et millénaire de gestion de l’eau qui a accompagné la naissance et l’évolution de la ville, a indiqué, ce lundi 15 mai, le directeur général de l’Agence pour le Développement et la Réhabilitation (ADER) de la Médina de Fès, Fouad Serrhini.

S’exprimant dans le cadre du forum du festival de Fès des musiques sacrées du monde organisé du 12 au 20 mai sous le patronage du roi Mohammed VI autour de la thématique "L’eau et le sacré", Serrhini, qui a abordé la thématique "des réseaux hydrauliques traditionnels, de l’abandon à la réintégration", a rappelé le mode de gestion et de distribution de l’eau dans l’ancienne médina et sa rationalisation.

La médina était dotée d’infrastructures d’eau, d’adduction d’eau potable et d’assainissement, a-t-il poursuivi.

Il a aussi noté que la médina comportait des systèmes performants servant à une multitude d’usage domestique et industriels, à l’alimentation en eau potable et à l’assainissement, dont bon nombre de tronçons continuent toujours d’assurer leurs fonctions.

Tout en déplorant la dégradation de ce système durant les décennies écoulées malgré l’existence des traces de son fonctionnement, il a plaidé pour sa réhabilitation d’urgence pour préserver des informations précieuses sur la gestion de l’eau, sa rationalisation et son économie.

Serrhini a aussi soulevé les discordes et les conflits causés par la gestion cette denrée vitale, faisant savoir que le juge et d’autres personnes (cheikh Ndar et les maâlems koidssiyas) statuaient dans ces affaires hydriques à l’époque.

De son côté, Mohamed Naciri, professeur de géographie à l’université Mohamed V à Rabat et au département des sciences humaines de l’Institut d’Agronomie à Rabat, qui a traité de la question de la "Pénurie et abondance de l’eau : les deux logiques contradictoires de la gestion des ressources rares", a donné un aperçu sur les réseaux d’alimentation en eau potable et d’évacuation des eaux usées à Fès, tout en mettant en valeur la spécificité de ce système de gestion d’eau au niveau national.

Evoquant les conflits que génère la gestion des ressources hydrauliques, il a rappelé qu’à Fès, la communauté locale se chargeait à l’époque de la distribution et de la gestion de cette denrée entre les divers usagers et consommateurs d’eau.

Le professeur de géographie à l’université Mohammed V de Rabat, Abdellah Laouina, a quant à lui, traité de la gestion de l’environnement et développement durable -gestion durable de l’eau en montagne dans le contexte du changement climatique».

La montagne fournit au pays (plaines irriguées, villes, industries) une eau régularisée, grâce à la politique des barrages, mais aussi des eaux de ruissellement non contrôlées, a-t-il expliqué, notant que la bonne gestion de l’eau, des terres et du couvert végétal, dans les montagnes, permettrait d’assurer une production plus régulée d’eau et d’éviter les effets de crues en aval et d’érosion des terres et d’envasement des retenues.

Laouina a aussi fait savoir que le développement global de la montagne, qui créerait des richesses et permettrait de sortir cet espace de l’enclavement, est une garantie pour minimiser les impacts du changement climatique, précisant que les efforts de gestion durable des eaux et des terres des montagnes contribuent à la sauvegarde des ressources en eau et à la durabilité des aménagements hydrauliques.

A l'instar des éditions précédentes, le festival des musiques sacrées du monde offre un florilège d'expressions musicales des différentes traditions et cultures du monde, des concerts gratuits au grand public et des soirées soufies ainsi que d'autres activités pédagogiques.

L'édition 2017 est l’occasion pour explorer le symbolisme de l’eau et exhorter le monde à réconcilier avec l’environnement et se mobiliser pour l’avenir des générations futures et de la planète.