Filière laitière: Le gouvernement appelle à la raison

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La filière laitière crée entre 400.000 et 450.000 postes d'emploi directs et indirects, a affirmé le ministre de l'agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch

Lors de la réunion de la commission des secteurs productifs à la Chambre des représentants, ce mardi 5 juin, Aziz Akhannouch et Lahcen Daoudi se sont attardés sur les conséquences de la campagne de boycott sur le Maroc et son économie, sachant que la filière laitière crée entre 400 000 et 450 000 postes d’emploi directs et indirects. Daoudi est également revenu sur l’impact que pourrait avoir le boycott sur les investissements étrangers au Maroc.

Dans cet exposé, Akhannouch a souligné que cette filière constitue une source de revenu pour 1,4 million de personnes, que 95% des éleveurs bovins ont moins de 10 vaches et que plus de 200.000 éleveurs sont engagés dans la production laitière.

Le ministre a également affirmé que cette filière contribue significativement à la sécurité alimentaire, eu égard à la hausse de la production de 42% entre 2008 et 2017, ce qui a constitué un saut qualitatif au niveau de la satisfaction de demande intérieure à hauteur de 96%, relevant que grâce aux politiques importantes adoptées par le ministère de l'agriculture depuis 2008, matérialisées par lancement de 68 projets dans le cadre du plan "Maroc Vert", cette filière a connu un développement considérable.

Concernant le poids économique et social de la filière, le ministre a affirmé que l'investissement privé a déployé des efforts colossaux dans l'amont et l'aval laitier, atteignant 5,3 MMDH entre 2008 et 2017, mettant en exergue la contribution du Fonds de développement agricole (FDA) qui a favorisé l'investissement dans les projets de réalisation d'unités d'élevage de vaches laitières à travers l'octroi des aides financières aux éleveurs.

Le ministre a considéré que les efforts d'amélioration génétique dans le cadre du plan "Maroc Vert" ont été un élément essentiel de la prédominance de la race améliorée des vaches (71%). De même, le nombre des vaches laitières sélectionnées a presque doublé entre 2014 et 2017, en passant de 6000 à 11.960, a-t-il ajouté, mettant en avant le développement de l'élevage de la vache laitière depuis le lancement du plan Maroc Vert qui a permis de passer de 2,8 million vaches laitières en 2008 à plus 3,3 millions actuellement.

Akhannouch a, aussi, évoqué certains effets affectant cette filière notamment la désorganisation, la commercialisation informelle et la baisse des revenus en termes de chiffres d'affaire et de contribution au produit intérieur brut agricole, notant que la réduction de l'approvisionnement en lait auprès des agriculteurs entrainera une baisse de leurs revenus et d'autres activités liées à la filière. Cette situation rendra difficile le paiement des dettes contractées par les éleveurs, a-t-il prévenu.

A cette occasion, le ministre a affirmé que "le gouvernement assume sa responsabilité et sera toujours aux côtés des agriculteurs en ce qui concerne la filière laitière", mettant en garde contre une perte de confiance vis-à-vis des investissements dans le secteur et d'un déséquilibre dans la filière.

De son côté, le ministre délégué chargé des affaires générale et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, a relevé que "le problème qui se pose aujourd'hui est lié au pouvoir d'achat des citoyens face à la hausse des prix, à la lutte contre le chômage et à l’encouragement des investissements étrangers et marocains".

Après avoir rappelé que le Maroc occupe la première place en tant que meilleure destination d'investissement en Afrique en 2017, Daoudi a appelé à la synergie des efforts et à la mobilisation de tous pour préserver l'image positive du royaume à l'échelle internationale.

De leur côté, les parlementaires se sont arrêtés sur les conséquences du "boycott" du lait et la question de la concurrence au sein de cette filière, ainsi que les moyens adéquats pour moderniser et soutenir les coopératives en vue de valoriser le produit et d'augmenter la rentabilité des agriculteurs, évoquant également le rôle des intermédiaires et spéculateurs.

Face à cette situation, ils ont appelé à une intervention "responsable et efficiente" pour contenir la crise dans laquelle se trouve la filière en s'inspirant des expériences internationales en matière de construction, au niveau local, de petites usines de production du lait et ses dérivés.