La maîtrise des enjeux de développement en Afrique, fondement du leadership continental du Maroc

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Les multiples initiatives déployées par le Maroc en Afrique durant les dernières années participent d’une parfaite maîtrise pragmatique et réaliste des enjeux de développement dans un continent que d’aucuns qualifient de prochaine frontière de la croissance économique mondiale

Ces initiatives ont pris une tournure plus dynamique et soutenue à la faveur des visites effectuées depuis octobre dernier par le Roi Mohammed VI dans plusieurs pays africains, dont certains ayant accueilli le Souverain pour la première fois.

Le Maroc, qui a réussi à fortifier les fondements de son économie désormais bien résiliente et capable de générer une croissance soutenue et durable, s’est lancé dans une nouvelle politique de pénétration dans des régions africaines jadis méconnues pour les entreprises nationales.

Cette nouvelle projection africaine du Maroc s’opère sur la base d’une prise de conscience stratégique de l’émergence inévitable de l’Afrique en tant que futur moteur de croissance de l’économie mondiale, explique Nema Ramkhelawan-Bhana, analyste au sein de la banque sud-africaine Rand Merchant Bank.

Selon l’analyste, l’Afrique comptera d’ici à 2050 plus de deux milliards d’âmes, formant un marché d’une grande importance pour les pays désireux à la fois de s’imposer et de contribuer au développement du continent. Fort de sa base économique et d’une présence de plus en plus remarquée notamment en Afrique de l’Ouest, le Maroc est devenu aux yeux de ses partenaires africains un acteur bienvenu car capable d’apporter la valeur ajoutée souhaitée aux efforts de développement en Afrique, en particulier dans des secteurs hautement stratégique.

Les analyses et les rapports internationaux font ressortir presque à l’unanimité l’importance de l’agriculture et des énergies renouvelables dans l’émergence attendue de l’Afrique. Il n’était pas donc fortuit de voir ces deux secteurs précis occuper des places prépondérantes dans les accords et les conventions signés à l’occasion des périples Royaux notamment au Rwanda, en Ethiopie et au Nigeria.

Ramkhelawan-Bhana retient dans cette nouvelle stratégie africaine du Maroc l’accent mis sur la mise en place d’un partenariat gagnant-gagnant. Il s’agit d’un choix qui a encouragé les pays africains à accueillir le Maroc les bras ouverts, car ils y ont vu une ouverture vertueuse de la part d’un pays qui s’était inscrit depuis son indépendance en 1956 dans l’élan d’émancipation du continent du joug du colonialisme, indique-t-elle.

Les observateurs ne manquent pas non plus de souligner la présence quasi-permanente de l’Afrique dans les discours du Souverain, une présence qui témoigne de l’attachement Royal à aider l’Afrique à se libérer des grands dégâts que le colonialisme a occasionnés, et lui permettre d’assurer son propre développement et de changer par elle-même son destin, en mettant à contribution la forte détermination de ses peuples, leurs potentialités humaines et leurs ressources naturelles.

Lors de chaque étape du dernier périple Royal en Afrique, responsables politiques et analystes ont souligné l’importance de la démarche Royale en tant qu’entreprise qui apporte le dynamisme dont l’Afrique a besoin non seulement pour relever les défis de la mondialisme mais surtout pour s’imposer réellement comme le maillon fort de la nouvelle chaîne économique mondiale qui est en train de naître.

Cette démarche marocaine se distingue par le fait qu’elle dépasse le cadre économique pour englober une dimension humaine qui lui confère davantage de crédibilité dans un espace lié au Royaume par des liens culturels et cultuels qui défient le temps.

A cet effet, le Royaume est de plus en plus sollicité en Afrique pour son expérience dans le domaine de la promotion de l’Islam modéré et la lutte contre l’extrémisme désaxé qui s’empare de plusieurs contrées.

Fort de son histoire millénaire portant le sceau de la pondération, la modération et la tolérance, le Maroc s’impose, aux yeux des experts, comme bastion de cet Islam du juste milieu de plus en plus prisé notamment par les partenaires africains qui se tournent avec confiance vers le Royaume pour l’ancrage de leur stabilité politique et spirituelle et barrer la voie à la montée inquiétante de l’obscurantisme.

C’est ainsi que des demandes ont été formulées par de nombreux pays africains pour permettre à leurs imams d’être formés au Maroc aux préceptes de l’Islam modéré et tolérant et de s’imprégner des valeurs du juste-milieu, du dialogue interculturel et du respect interreligieux, reconnues au Royaume.

La gestion de la question de l’immigration est un autre volet qui illustre le visage humaniste du partenariat que le Royaume propose à son prolongement africain.

Le lancement récemment par le Maroc d’une deuxième vague de régularisation de la situation de migrants africains sur son territoire vient conforter cette démarche humaniste du Maroc qui traduit l’attachement du Royaume à ses obligations internationales et son souci de traiter les questions africaines avec un esprit marqué du sceau de la dignité et de la fraternité.

«Cette mesure qui fait suite à celle lancée il y a deux ans est unique en Afrique», indique Raessah Cachalia, spécialiste des questions de l’immigration au sein de l’Institut des Etudes Sécuritaires (ISS, basé à Pretoria).

Par cette mesure concrète, le Maroc donne l’exemple d’un pays attaché au principe de l’intégration africaine», ajoute-t-elle.

Cette approche solidaire et holistique au partenariat interafricain que promeut le Royaume rend, comme l’ont affirmé plusieurs dirigeants africains, le retour du Maroc une nécessité historique.

A Kigali comme à Addis-Abeba, Abuja, Dar Es-Salaam et dans la quasi-totalité des capitales africaines, la décision du Maroc de regagner son siège au sein de sa famille institutionnelle africaine a été chaleureusement accueillie.

Au plus haut niveau de l’Etat dans ces pays, on estime que le moment est venu pour le Maroc de rejoindre ses frères africains.

Il ne s’agit pas, comme l’a souligné le Roi dans son discours à la Nation à l’occasion du 41e anniversaire de la Marche Verte, d’une décision tactique, mais plutôt d’une initiative qui va consolider l’action solidaire que le Maroc mène sur le terrain avec de nombreux pays du continent pour y assurer la promotion du développement économique et humain, au service du citoyen africain.

 

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