Marrakech, les statistiques à l'honneur

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Le 61ème congrès mondial des statistiques a débuté ce dimanche 16 juillet à Marrakech. Une occasion de rendre un hommage à la qualité du système marocain de statistiques et un nouveau témoignage de l’audience internationale des travaux du Haut-Commissariat au Plan (HCP)

Plusieurs pays peinent encore à disposer de systèmes nationaux de statistiques suffisamment robustes pour contribuer à une meilleure connaissance des réalités économiques et des conditions de vie de leurs populations, a souligné, ce dimanche 16 juillet à Marrakech, le Haut-Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi Alami.

"A l’échéance de 2015, beaucoup de pays, notamment dans le continent africain, n’avaient guère réussi à réaliser les 7 Objectifs du Millénaire pour le développement ou ne disposent pas encore aujourd'hui d’un système de comptabilité nationale répondant aux normes adoptés par la commission statistique des Nations Unies", a relevé Lahlimi Alami qui s'exprimait lors de la séance inaugurale du 61ème Congrès Mondial de Statistiques.

Dans ces pays et dans bien d’autres, encore, où se recrutent souvent ceux qui subissent le plus les effets des changements climatiques, les statisticiens relèvent "la dramatique faiblesse" de la contribution de la statistique environnementale, a-t-il noté.

"Ils déplorent, en particulier, l’absence de données de référence fiables permettant le suivi, à défaut de prévision, de la détérioration des écosystèmes naturels et sociaux qui constituent les cadres de vie de populations de plus en plus vouées à l’émigration climatique", a expliqué Ahmed Lahlimi.

Le Haut-Commissaire au Plan a dans ce cadre, souligné la nécessité d'un développement rapide de la statistique environnementale et d’un accès plus large des pays en développement, notamment africains, aux bénéfices de la révolution des données que connait le monde. 

 

La statistique facteur essentiel de production 

"L’information est non seulement un outil de pilotage mais également un facteur de production, dans la mesure où elle contribue à éclairer les décideurs politiques et économiques quant aux choix stratégiques à opérer pour assurer un développement durable et inclusif", a relevé Boussaid à l’ouverture du 61è congrès mondial des statistiques.

Il a, à cet effet, noté que toute économie qui se veut être compétitive doit disposer d’un appareil statistique dont la fiabilité, la transparence, l’objectivité et la neutralité ainsi que la rigueur scientifique sont unanimement reconnus. 


Boussaid a ainsi précisé que les systèmes d’information nationaux ont besoin d’une parfaite coordination et synergie entre l’ensemble de leurs composantes, tout en restant à l’écoute des besoins de la société et de ses évolutions.

"L’amélioration continue de l’appareil statistique national figure parmi les préoccupations majeures du Maroc, particulièrement dans un contexte d’intégration croissante de notre économie dans le continent africain", a-t-il relevé.

Le développement de protocoles d’échange et d’harmonisation des données statistiques entre les pays africains, particulièrement ceux de la CEDEAO, est devenu une condition sine qua non pour une meilleure connaissance des cultures, des ressources et des économies africaines, a-t-il dit.

Le ministre de l’Economie et des finances a aussi fait remarquer que le renforcement du système d’information est tributaire de la sensibilisation et de la mobilisation de tous les partenaires, qu’ils soient publics ou privés, précisant qu’aucun d’entre eux ne peut prétendre mener seul ce travail qui doit être le fruit d’une coopération et d’une collaboration sans failles.

Il a, par ailleurs, jugé que la rencontre constitue une occasion idoine pour mettre l’accent sur les ruptures et les défis qui font face aux données statistiques ce qui nécessite, selon lui, plus que jamais un croisement des savoirs et des pratiques et un partage des connaissances.

De son côté, le président de l'Institut International de la statistique, Pedro Luis do Nascimento Silva, a fait savoir que l’ère actuelle est marquée par un grand accès à tous les types des données statistiques qui analysent les différents phénomènes et questions étudiés.

Pour lui, la science de l’information s’inscrit au cœur des efforts entrepris en vue d’améliorer les stratégies de développement et les modèles socio-économiques tout en mesurant l’impact sur la dimension environnementale.

Dans ce sens, le statisticien international a appelé à consolider les efforts et à échanger les données en faveur d’un monde meilleur.