''MedFish4Ever'' : Que d’efforts encore pour garantir la durabilité des pêches en Méditerranée

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Les signataires de la Déclaration "MedFish4Ever’’ se sont retrouvés à la Conférence de haut niveau de la Commission Générale des Pêches pour la Méditerranée (CGPM) sur les initiatives "MedFish4Ever" s’est réunie mercredi dernier à Marrakech. Objectif : lutter con :tre les menaces qui planent sur les stocks de poisson dans la région méditerranéennes.

Ce conclave vu la participation de plusieurs ministres, hauts responsables et professionnels du secteur dans les pays du pourtour méditerranéen se devait de faire le point sur les progrès réalisés, de renouveler les engagements pris et de faire avancer le dialogue en vue de garantir la durabilité environnementale, économique et sociale des pêches en Méditerranée sur le long terme. Conférence de haut niveau, elle intervient en vue de renouveler les engagements pris au titre de la Déclaration "MedFish4Ever", signée en 2017 par 16 pays riverains de la Méditerranée : l'Albanie, l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, Chypre, la Croatie, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, Malte, Monaco, le Monténégro, le Maroc, la Slovénie, la Tunisie, la Turquie ainsi que la Commission européenne. Elle pour but de lutter contre les menaces auxquelles les stocks de poisson font face dans la région.

Si des progrès importants ont été réalisés, il reste, selon la CGPM, encore à faire pour garantir la durabilité des pêches en Méditerranée sur le long terme.

La pêche est au cœur de l’identité de la Méditerranée. Pendant des générations, elle a joué un rôle central dans la société, fournissant de la nourriture et des emplois dans l’ensemble de la région et renforçant le tissu social de nombreuses communautés. Aujourd'hui, environ 250.000 personnes sont directement employées sur des bateaux de pêche tandis que des centaines d’autres travaillent dans le secteur et dans ses chaînes d’approvisionnement à terre, explique-t-on.

Une activité menacée, depuis un temps déjà

Chaque année, la flotte méditerranéenne capture environ 1 million de tonnes de poisson, mais ce chiffre a diminué jusqu'à 850.000 tonnes ces dix dernières années.

Comme c’est le cas pour de nombreuses pêcheries dans le monde, l’avenir de cette activité en Méditerranée est sérieusement menacé depuis ces dernières décennies par la surpêche, la pollution et d’autres facteurs anthropiques. Dans cette région particulièrement peuplée, la perte d’une activité qui contribue à la subsistance de ses habitants pourrait également avoir des impacts sur l’équilibre géopolitique de la région, précise le document.

La Conférence de haut niveau qui s’est tenue dans le cité ocre a mis particulièrement l’accent sur l’amélioration des conditions de travail dans le milieu de la pêche ainsi que sur la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR).

"MedFish4Ever" reconnaît ainsi que les communautés côtières ont besoin d’être protégées contre les risques et les incertitudes liés à leur dépendance vis-à-vis de la pêche. La Conférence visait à identifier les moyens de combattre la pauvreté, réduire la marginalisation et promouvoir des moyens d’existence résilients. Le rôle des femmes dans le secteur requiert également une attention toute particulière et il est nécessaire de les reconnaître et les soutenir.

La pêche illicite, non déclaré et non règlementée est en train de causer de graves problèmes en Méditerranée. Elle compromet les possibilités de garantir la mise en œuvre solide des plans de gestion qui sont nécessaires à la reconstitution des stocks, déplore la CGPM.

La pêche INDNR a des conséquences sur les stocks de poisson, mais elle a aussi des impacts sociaux et économiques importants. Elle fait baisser les revenus et augmenter les risques pour les personnes qui travaillent en mer tout en menaçant durabilité des activités de pêche. Les pêcheurs légitimes savent que la pêche INDNR est une menace pour leur avenir, et sont motivés pour collaborer avec d’autres acteurs afin de protéger leurs moyens de subsistance.

Le MedFish4Ever" est dans la deuxième année d’un engagement pris sur 10 ans, et doit continuer pour le bien des poissons et des pêcheurs de la Méditerranée qui est une mer relativement petite. Ses stocks de poissons ne connaissent aucune frontière et ses pêches sont une ressource partagée. Il en va de l’intérêt de tous les pays de la Méditerranée d’œuvrer ensemble à leur préservation".

Akhannouch : Renforcer la résilience des écosystèmes, des ressources marines vivantes et des communautés côtières

C’est dans ce sens qu’a plaidé Aziz Akhannouch en soulignant la nécessité de promouvoir la conservation des ressources halieutiques de la Méditerranée. Le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, des Eaux et Forêts et du Développement durable induisait par-là la nécessité de promouvoir la conservation des ressources halieutiques pour assurer un développement durable des économies de la région de la Méditerranée, tout en contribuant au développement des communautés côtières qui doivent jouer un rôle accru dans l’effort de collecte de données et de recherche collective.

En Méditerranée, les stocks halieutiques, a-t-il rappelé, s'amenuisent et les répercussions socio-économiques sur les marins pêcheurs qui sont issues de cette situation sont "une source de préoccupation" des pouvoirs publics.

Après avoir noté que le souci d’amélioration de la durabilité des pêcheries est partagé par tous (Gouvernements, FAO, CGPM, opérateurs, ONG, industriels et société civile), le ministre a expliqué qu’en plus de la pollution et des effets du changement climatique, l'exploitation massive des ressources halieutiques est également une des sources de cette dégradation, notamment quand elle est pratiquée de manière illégale, non déclarée et non réglementée.

Le Maroc a opté pour la responsabilité et le devoir en forgeant une stratégie forte et intégrée pour la bonne gouvernance de ses richesses halieutiques "la Stratégie Halieutis" qui, après 10 ans de sa mise en œuvre, a enregistré des avancées significatives et les perspectives d’avenir laissent envisager un grand développement de ce secteur.

De même, le Royaume, aux côtés de nombreux partenaires tels la FAO, a soutenu l’initiative climatique pour une "Ceinture Bleue". Cette initiative, basée sur les modèles de l'économie circulaire et de l'économie bleue, vise à renforcer la résilience des écosystèmes, des ressources marines vivantes et des communautés côtières et à faire de la pêche et de l'aquaculture un facteur majeur de croissance économique bleue et de développement inclusif et résilient, conforme à l’Objectif de Développement Durable 14 (ODD14).

Le développement humain, une finalité et un facteur de la croissance

Aziz Akhannouch se réjouit que le Maroc ait placé le développement durable au cœur des priorités de son action publique. Depuis le sommet de la Terre à Rio tenu en 1992, le Royaume fut parmi les premiers à adhérer à cette prise de conscience en ratifiant les conventions internationales consacrées à cette problématique et en adoptant des programmes d’action nationaux en la matière, visant à allier croissance économique pérenne, développement durable et solidarité sociale.

Déjà en 2005, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), a été l’expression forte de la volonté Royale de faire du développement humain à la fois une finalité et un facteur dynamisant du nouveau profil de la croissance. Dans la continuité de cette vision, la Stratégie Nationale de Développement Durable, mise en place en 2017, a consacré tout un enjeu à la promotion du développement humain et à la réduction des inégalités sociales et territoriales, en plus des enjeux liés à la durabilité des ressources nationales et des écosystèmes.

Dans le même sens, le Maroc est bien engagé dans le processus de mise en œuvre des ODD. S’inscrivent dans cette dynamique ceux liés à l’éradication de la pauvreté, l’élimination de la faim, l’éducation équitable, l’égalité des sexes, la garantie d’accès aux services d’alimentation en eau, et bien sûr, l’objectif 14 visant à conserver et à exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins de développement durable.

La Conférence de Marrakech a constitué l’occasion de continuer la réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour développer et instaurer une gouvernance améliorée renforçant la durabilité de la pêche en Méditerranée tenant compte de la dimension environnementale, économique et sociale, et la définition de stratégies communes et d’actions de coopération à l’appui du développement de la pêche artisanale.

Pour y parvenir, le ministre estime qu’il est important de considérer des solutions adaptées à chacun des pays concernés, prenant en compte leurs spécificités et contraintes, et de définir des mécanismes techniques et financiers de mise en œuvre.

La Conférence de Marrakech s’est inscrite ainsi dans le contexte de la transition actuelle qui engage les sociétés méditerranéennes autour des enjeux de l’environnement, de la sécurité alimentaire, de la lutte contre la pauvreté et du développement social, en prenant en considération les effets avérés du changement climatique".

Portant toute l’attention requise au développement économique et social au sous-secteur de la pêche artisanale, l’ambition marocaine est d’assurer l’autonomisation des communautés des pêcheurs artisanaux et de faire en sorte que celles-ci puissent jouir de leurs droits fondamentaux.