Conférence : Pour l’émergence d’un marché financier vert en Afrique

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Pour le Wali de Bank Al Maghrib, il est impératif que les pays du Sud puissent mettre en place des mécanismes de mobilisation des ressources qui leur sont propres

Le Wali Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri a souligné mercredi à Casablanca, l'impératif pour les pays du sud de mettre en place des mécanismes pouvant mobiliser leurs ressources propres en vue de les aider à réussir la transition vers une économie plus durable. C’était lors d’une conférence sous le thème "soutenir l’émergence d’un marché financier vert en Afrique".

Le responsable de la banque centrale estime que la transition nécessite  l’émergence d’un marché financier africain vert à même de l’accompagner, interpellant  l’ensemble des composantes du secteur financier à contribuer à relever le challenge.

Et pour le soutien des projets, Jouahri précise que   le secteur bancaire a le  rôle majeur à jouer en  mobilisant des ressources vertes diversifiées et stables dans le temps en vue de soutenir les projets de développement durable.

"Il est ici question de contribuer à la création et au développement d’un marché de capitaux verts, à travers notamment l’émission de Green Bonds, mais aussi d’appeler la population à s’allier au mouvement en mettant à leur disposition des produits d’épargne verts", a-t-il dit.  

Et d’ajouter que les régulateurs financiers ont également leur part de responsabilité pour la réussite de la transition vers une économie plus durable par l’adoption de mesures réglementaires appropriées et favorisant un alignement coordonné et progressif du secteur financier africain sur les impératifs d’un développement durable. 

Les Banques centrales son aussi interpellées pour apporter  un appui déterminant en considérant certaines solutions telles que la mise en place de mécanismes de refinancement des prêts octroyés par les banques aux projets de développement durable, l’assouplissement, dans le cadre des travaux du Comité de Bâle, des règles prudentielles pour les obligations vertes, l’accompagnement des PME nationales dans leur préparation aux notations sociales et environnementales pour éviter qu’elles ne soient trop onéreuses pour elles et la définition d’une cartographie des risques liés aux changements climatiques, à même de fournir l’information appropriée tant aux investisseurs qu’aux organismes financiers.

Et d’ajouter que les axes majeurs d’une feuille de route permettant l’alignement du secteur financier marocain sur les enjeux de développement durable concernent l’extension de la gouvernance fondée sur les risques socio-environnementaux, le développement d’instruments et de produits financiers durables, le renforcement des capacités dans le domaine de la finance durable et la transparence et la discipline de marché.

Jouahri a indiqué que les Pouvoirs publics ont un rôle primordial à jouer dans la création d’un environnement des affaires propice à l’effet de promouvoir un gisement de projets verts éligibles et de favoriser le développement de produits financiers durables attractifs, en utilisant notamment des leviers fiscaux et en mettant en place des mécanismes de garantie adaptés.

Par ailleurs, il a précisé qu’en tant que Président de la COP pour l’année à venir, et dans la lignée de son engagement réaffirmé pour promouvoir une coopération régionale Sud-Sud, le Maroc continuera d’apporter toute sa contribution à l’émergence d’une finance verte sur le plan continental.

Cette rencontre est initiée par le groupe BMCE Bank of Africa, en partenariat avec la banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Cet événement a réuni de nombreux représentants des autorités de régulation et des banques commerciales de pays africains ainsi que des institutions financières de développement et des bailleurs de fonds internationaux.

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