Al Qaïda : le prédicateur islamiste Abu Qatada est acquitté

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Il n’a pas fait de la prison qu’une fois, pour être impliqué dans des attentats et dans le financement des activités d’Al Qaïda. Pourtant, le bras droit de l’organisation islamiste a été acquitté hier le 24 septembre par le tribunal militaire en Jordanie. Il sera remis en liberté très prochainement.

Il a été pour longtemps le conseiller direct du dirigeant d’Al Qaïda, Oussama Ben Laden. Il a été condamné en 1998 et en 2002 par la cour jordanienne de sûreté de l’Etat. Il a également été arrêté pour sa responsabilité liée aux attentats de Londres en 2005. Impliqué dans le financement d’Al Qaïda, Abu Qatada vient d’être acquitté de toutes ses accusations. Il a comparu le 24 septembre devant la Cour militaire jordanienne, qui a décidé de mettre fin aux poursuites contre le prédicateur et de sa remise en liberté.

Ce procès s’est tenu en Jordanie après l’extradition d’Abu Qatada à partir du Royaume-Uni, en juillet 2013. Cet acquittement et la remise en liberté qui s’en ont été décidé par le tribunal pour « absence de preuves » concernant son accusation de « complot du millénaire », en allusion à sa « préparation d’attentats visant des objectifs américains et juifs et des visiteurs chrétiens en Terre sainte lors du Jubilé de 2000 ». A plusieurs reprises, Abu Qatada a été acquitté dans des dossiers de terrorisme international pour manque de preuves contre lui. Pourtant, il a toujours été considéré comme un élément dangereux et est décrit comme étant le « bras droit d’Oussama Ben Laden en Europe ». Nombreux son les prêches d’Abu Qatada à avoir retrouvés chez les membres d’Al Qaïda en Europe, qui ont pris part à la présentation des attentats du 11 septembre 2001.

Dédiaboliser les intégristes ?

Outre ses discours qui appellent à la haine et ses prêches faisant partie de l’endoctrinement des membres d’Al Qaïda en préparation d’attaques terroristes, Abu Qatada a pris position contre le khalifat autoproclamé de Daesh. Dans un document repris par les sites jihadistes, le prédicateur précise que « ce groupe n’a pas l’autorité pour diriger tous les musulmans, et sa déclaration n’engage que lui. » Est-ce pour autant une circonstance atténuante ayant minimisé le danger qu’il représente ? Bien que son extradition de la Grande-Bretagne vers la Jordanie ait été jugée illégale par la Cour européenne des droits de l’Homme, les dernières prises de position d’Abu Qatada envers Daesh, aussi modérées soient-elles, ne joueront pas en sa faveur pour un possible retour à Londres. La secrétaire auprès du ministère de l’intérieur britannique Theresa May a exprimé sa surprise après la remise en liberté du prédicateur. Elle a affirmé qu’aucune possibilité de son retour là-bas ne pourrait être négociable.

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