De nouvelles fosses communes retrouvées à Iguala

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IGUANA

La première a été retrouvée le 29 septembre avec 28 corps exhumés. Cette nouvelle découverte macabre serait encore un règlement de comptes

Au Mexique, une découverte macabre s’ajoute à celle du 29 septembre. Le ministre mexicain de la justice, Jesus Murillo Karam, a annoncé dans la soirée du jeudi la découverte de quatre fosses communes près d’Iguala. Depuis la fin du mois de septembre, vingt-deux policiers de la ville sont parmi les trente personnes arrêtées et suspectes dans l’affaire. Vu l’implication de la police municipale, le président mexicain Enrique Peña Nieto a ordonné dès lundi le déploiement des forces fédérales et le désarmement des policiers municipaux d’Iguala. Leurs armes saisies sont examinées pour vérifier si elles avaient servi dans l’un des massacres, lors des fusillades. Le président estime que « dans l’Etat de droit il n’y a pas la moindre place (...) pour l’impunité ». Dans sa guerre ouverte contre les narcotrafiquants et la fusillade qui en est une conséquence présumée, il « regrette tout particulièrement la violence qui a été employée et surtout le fait [que ce soit] de jeunes étudiants » qui aient payé le prix. En effet, la découverte d’une fosse commune en septembre et les aveux de deux suspects dans leur implication n’est pas la première affaire de règlements présumés entre narcotrafiquants. Elle ne sera pas non plus la dernière.

Cette découverte du 9 octobre porte à dix le nombre de fosses exhumées depuis dimanche à Iguala. Alors que l’enquête sur 43 étudiants disparus après une fusillade le 26 septembre était en court, deux suspects arrêtés parmi trente ont avoué avoir abattu 17 jeunes qui figuraient dans la liste des disparus. Leurs corps auraient été retrouvés parmi les 28 en cours d’identification, mais rien n’est encore officiellement confirmé. Dans le cadre de l’enquête, quatre suspects arrêtés ont révélé l’existence de ces quatre fosses. Suite aux faits, depuis le 29 septembre, le maire d’Iguala, José Luis Abarca et son épouse, Maria de los Angeles Pienda, ainsi que le directeur de la sécurité publique de la région, sont toujours recherchés pour leur implication. Maria de los Angeles Pienda est d’ailleurs une sœur de deux narcotrafiquants. Son nom a été cité dans un rapport des services de renseignements. Elle y a été désignée comme celle ayant donné l’ordre au directeur de la sécurité publique d’Iguala de réprimer la manifestation estudiantine. Pour cause, elle ne souhaitait pas que son discours prévu ce jour-là soit interrompu. Elle allait le tenir en tant que responsable des services familiaux d’Iguala.

La bande de crime organisé des Guerreros Unidos est impliquée dans la disparition des 43 étudiants, ainsi que dans l’assassinat des 17 jeunes et dans la dernière des quatre fosses communes. Ces découvertes ont été faites alors que le baron de drogue Hector Beltran Leyva, longtemps activement recherché, a été arrêté le premier octobre. Entre temps et avant de retrouver hier les quatre autres fosses communes, l’arrestation d’un autre narcotrafiquant en lien avec Hector Leyva avait été annoncée. La succession des événements fait revenir de plus en plus le spectre des règlements de comptes entre narcotrafiquants, dont les jeunes étudiants payent le prix par leurs vies au Mexique. Depuis la guerre déclarée au trafique de drogue en 2008 dans le pays, le nombre de morts liés au crime organisé est estimé à 80 000.