Le Parlement britannique se prononcera sur la reconnaissance de l’Etat Palestinien

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Lundi 13 octobre, la Chambre des communes à l’instar du parlement suédois se réunira pour voter la reconnaissance d’un Etat Palestinien. Mais quel Etat Palestinien au juste ?

Les membres du parlement britannique se réuniront lundi prochain afin de décider si le Royaume-Uni reconnaitra ou non un Etat Palestinien. Le débat appelé à la demande du député Grahame Morris, qui préside le comité travailliste des amis de la Palestine et du Moyen-Orient (Labour Friends of Palestine and the Middle East) et supporté par plusieurs représentants, exposera ses arguments au gouvernement pour la reconnaissance d’un Etat Palestinien aux côtés d’Israël. Les membres du parlement décideront alors de supporter ou non la motion.

Le débat intervient alors que le mécontentement du à la politique du gouvernement envers Israël et la Palestine a refait surface durant l'été conduisant à la démission d’une ministre conservatrice, la baronne Warsi. Plusieurs députés conservateurs dont la baronne Warsi se sont exprimés en faveur d’une telle reconnaissance et appellent le gouvernement à appuyer la motion. Lorsque la question de la reconnaissance de la Palestine à l’ONU a été discutée à la Chambre des communes, Ed Miliband a exhorté David Cameron à la soutenir.

Une reconnaissance qui ne mettra pas en danger le soutien britannique à Israël

Certains députés ont néanmoins déclaré que cette reconnaissance ne pouvait venir que «de la conclusion de négociations de paix fructueuses entre le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne » ressassant les mêmes arguments des gouvernements américain et israélien qui s’opposent bien évidemment à la création d’un Etat Palestinien. Pour cette raison l’issue du vote demeure incertaine. Toutefois cette initiative est assurée du soutien de plusieurs ONG pro palestiniennes qui ont su faire pression avec succès sur plusieurs membres du parlement.

Que la Grande-Bretagne finisse par reconnaitre ou non un Etat Palestinien ne changera rien au fait que le pays restera un des plus fidèles alliés du régime sioniste. En effet les relations commerciales avec Israël entre janvier et août 2014 ont atteint des niveaux records, en dépit de l'indignation du public contre la récente agression militaire de l'armée israélienne sur la bande de Gaza. Les échanges du premier semestre de l’année 2014 ont ainsi augmenté de 28% par rapport à la même période en 2013. Ces chiffres incluent également l’industrie militaire.

Reconnaitre un Etat Palestinien imaginaire

Si la motion venait à passer, ce qui n’est pas certain du tout, le Royaume-Uni deviendrait le second pays de l’UE à reconnaitre officiellement un Etat Palestinien après la Suède. L’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abass ainsi que les supporteurs de la cause se réjouiront bien entendu d’une telle «victoire» qui donne l’illusion de progrès. «Cette reconnaissance créerait une pression politique et juridique contre Israël pour retirer ses forces de la terre d'un autre Etat qui est reconnu par les frontières de 1967», a affirmé le ministre des Affaires étrangères de Ramallah Riyad al-Malki.

«Israël serait alors en violation quotidienne des droits d'un État membre et des conséquences diplomatiques et juridiques pourraient suivre, ce qui serait douloureux pour Israël» a déclaré au New York Times Nabil Shaath, un haut responsable du Fatah. On ne peut que s’étonner de la naïveté dont font preuve ces deux responsables palestiniens. Dans quel monde l’Etat d’Israël se préoccupe-t-il du droit international qu’il viole depuis plus d’un demi-siècle ? La communauté internationale a-t-elle déjà mis Israël face à ses responsabilités autrement que sous la forme de timide condamnation ? La colonisation de la Cisjordanie a-t-elle été gelée ? Le blocus de la bande de Gaza a-t-il été levé ? Non est la réponse à toutes ces questions.

La perspective d’un Etat Palestinien viable n’est plus d’actualité depuis belle lurette, Israël s’est assuré de cela avec l’appui inconditionnel de ses indéfectibles alliés de Washington. Parler d’une solution à deux Etats aujourd’hui est illusoire et trompeur. Les efforts pour obtenir la reconnaissance diplomatique d'un Etat palestinien imaginaire, consistant en des bantoustans dispersés par-ci par-là équivalent à une stratégie de désespoir d'une direction palestinienne qui a épuisé toutes les options et qui a perdu sa légitimité. Donc reconnaitre quoi au juste ? Une Palestine qui consisterait en de petits territoires séparés. C’est là le but ultime du projet sioniste qui à défaut de pouvoir expulser la population palestinienne dans sa totalité projette de la cantonner dans des réserves étroitement contrôlées à la manière des survivants du génocide des indiens d’Amérique.

C’est la raison pour laquelle une reconnaissance de la Palestine, dans le contexte d’une solution à deux Etats pourrait s’avérer négatif sur le long terme. Les Palestiniens et ceux qui luttent à leurs côtés doivent oublier la solution à deux Etats et se concentrer sur la lutte pour obtenir la reconnaissance de leurs droits en tant qu’être humain pour mettre fin à la politique d’apartheid d’Israël.