Les populistes du Ukip grignotent du terrain au Parlement

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Plus qu’eurosceptiques, les populistes du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni font leur entrée au Parlement. C’est la première fois que le Ukip y accède

Un premier siège, pour la première fois depuis la création du parti en 1992. Un premier siège, ce n’est rien, peut-on dire. Mais les anti-immigrations du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip) s’en félicitent comme dans une fête célébrant un exploit. Derrière cet exploit, on retrouve un reconverti, ou plutôt un déserteur. Il est « l’homme le plus courageux du pays » pour ses adorateurs. Mais ce n’est pas plus qu’ « opportuniste doublé d’un pleutre » pour ceux qui ne font pas partie de son clan. Douglas Carswell est en effet un ex-membre du Parti conservateur de David Cameron. « Pendant deux ans, je lui ai écrit pour le supplier de nous rejoindre. Lorsqu’il l’a fait, j’ai pleuré de joie », a avoué le membre du Ukip, John Wrigley, en parlant de Douglas Carswell suite à l’annonce des résultats des législatives partielles. Après des années de loyaux servies aux côtés des hommes de Cameron, c’est désormais le Ukip que Douglas Carswell représentera au Parlement britannique, à l’unique siège du parti.

Le Ukip est un parti farouchement eurosceptique et xénophobe. Il représente une droite encore plus radicale que celle des conservateurs et de Cameron. D’ailleurs, le Premier ministre britannique ne daigne pas montrer que le Ukip pourrait lui être redoutable, lors des élections législatives de 2015. Pourtant, il y a tout juste deux ans, le Ukip était de ces petits partis qui passaient inaperçu et ne revenaient timidement et brièvement qu’à chaque élection européenne. Mais aujourd’hui, il semble représenter une concurrence pour les conservateurs, poussant Cameron à surfer sur leur vague. Il propose ainsi la tenue d’un référendum en 2015 pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (EU), comme pour retenir dans son clan les derniers conservateurs que le Ukip ne séduirait pas encore.

Cameron redoute surtout les militants conservateurs lui faisant défection pour rejoindre les populistes. D’ailleurs, un second député Ukip et ex-conservateur a de fortes chances d’être élu le mois prochain. Les sondages actuels donnent au Ukip 15% des intentions de vote aux élections de 2015. Cela signifie que ses membres auront assez de voix pour être représentés au Parlement par quatre à cinq sièges de députés. L’inquiétude que le Ukip absorbe des voix aux conservateurs s’est même traduite lors du congrès de ce dernier, en début du mois. Le discours de clôture qu’y a tenu Cameron sonnait déjà comme une précampagne et une mise en garde contre le spectre Ukip : « Le 7 mai, vous pouvez aller au lit avec Nigel Farage [le leader du Ukip] et vous réveiller le lendemain avec Ed Miliband [leader du Labour Party] ».