Acculée, Leïla Aïchi n’hésite pas à rétropédaler

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« À la suite de mon investiture, (...) des accusations infondées ont été publiées, souvent de façon anonyme, sur les réseaux sociaux, pour tenter d'entacher mon intégrité et mon indépendance », a souligné la sénatrice franco-algérienne Leïla Aïchi, dans un communiqué dans le but de démentir les accusations concernant sa position pro-Polisario. Un mensonge

Leïla Aïchi a fait savoir qu’elle dément catégoriquement de telles accusations et insiste sur le fait qu’elle n’a jamais eu de paroles déplacées à l’encontre « du Maroc, de son peuple et la personne du roi ».

« Je n'ai jamais questionné l'intégrité territoriale du Maroc, un grand pays à l'histoire et à la civilisation plus que millénaire », poursuit-elle dans le communiqué.

 « Sur la question du Sahara, je soutiens fermement la recherche d'une solution juste, durable et mutuellement agréée, sous l'égide des Nations Unies », affirme Leïla Aïchi.

Pourquoi ce rétropédalage ?

En plus d’avoir été critiquée dans les réseaux sociaux, Aïchi a également été sévèrement tancé par l’ancien ministre et président de l’institut du monde arabe, Jack Lang. Ce qui justifie sans doute la marche arrière et la justification de la sénatrice.

Dans un entretien, Jack Lang a déclaré qu’il ne serait pas « acceptable qu’une personne qui professe des opinions anti-marocaines sur le Sahara soit soutenue par le principal mouvement politique en France ». « Je ne sais pas comment cette candidate a pu être investie. Est-ce une inattention ? C’est incompréhensible » a encore affirmé Lang qui juge « inacceptable que cette personne siège à l’Assemblée national au nom du principal mouvement politique alors qu’elle est clairement et diamétralement opposée à la position de la France, qui est affirmée même aux Nations-Unies ».

Jack Lang ne s’est pas arrêté là, il a poursuivi que « ces propos sur le Sahara et le Maroc sont inadmissibles. Il faut que son investiture soit retirée et c’est à nos hauts fonctionnaires responsables de le faire ».

C’est après cette sortie incendiaire de Lang à son encontre que Leïla Aïchi a publié son communiqué et posté des Tweets relatant un entretien téléphonique qu’elle a eu avec l’ancien ministre et président de l’institut du monde arabe, dans le but de tenter de s’expliquer.

En 2013, Leïla Aïchi tenait un autre discours…

Pourtant, la candidate avait publié un communiqué en 2013 qui montre clairement son alignement sur l’Algérie concernant le Sahara. Dans cette interview elle s’alarmait « de l’indifférence internationale quant au sort réservé au peuple sahraoui » et dénonçait « l’alignement systématique de la France sur la politique marocaine au Sahara et ce malgré les graves violations des droits de l’Homme constatées par les ONG humanitaires ».

«Le Sahara possède de grandes ressources minières, avec lui, le Maroc détiendrait le tiers des réserves mondiales en phosphate, sans parler des ressources en hydrocarbures pour lesquelles le Maroc a conclu deux importants contrats, en 2002, pour l’exploration prometteuse des champs pétrolifères off-shore», s’indignait à l’époque Leila Aïchi.

Elle avait même déclaré au journal algérien El Watan que le « Sahara n’appartient pas au Maroc ». Ce qui est quand même à l’opposé de ce qu’elle écrit dans son communiqué de ce mardi 16 mai.