Afrique du Sud : Menaces de grève pour les salaires

5437685854_d630fceaff_b-
355
Partager :

Johannesburg - Les syndicats sud-africains ont menacé, mercredi, d’organiser des mouvements de protestations suite à une décision du gouvernement de renoncer à un accord sur les salaires conclu en 2018.
Selon les syndicats, des responsables gouvernementaux les ont informés que le gouvernement est incapable de procéder à des augmentations des salaires du secteur public conformément à l’accord. Ces augmentations devraient entrer en vigueur dès le mois d’avril prochain.

La décision du gouvernement de renoncer à l’accord, dont la mise en œuvre s’étalait sur trois ans, intervient quelques heures seulement avant la présentation du budget de l’Etat par le ministre des Finances, Tito Mboweni, devant le parlement.

La présentation tant-attendue du ministre devrait focaliser sur la réduction des dépenses publiques dans le cadre des efforts visant à assainir les finances de l’Etat sous d’énormes pressions en raison notamment des plans de sauvetage consentis pour sauver les entreprises publiques de l’effondrement.

Le gouvernement sud-africain fait également l’objet de pressions pour honorer ses engagements de réduire les dépenses publiques et satisfaire les exigences de l’agence internationale de notation, Moody’s.
Moody’s est la dernière des trois agences internationales qui maintient toujours la note sud-africaine à un cran de la catégorie spéculative, avec perspective négative. Les deux autres agences, Fitch Ratings et Standard & Poor’s, avaient déjà dégradé l’Afrique du Sud.

Par ailleurs, le syndicat du secteur public, NEHAWU, a indiqué, dans un communiqué, que la décision du gouvernement de renégocier l’accord sur les salaires représente « une déclaration de guerre ».
Si Mboweni annonce mercredi un gel des salaires du secteur publics, NEHAWU « mobilisera tous ses membres et employés pour procéder à un shut-down des institutions gouvernementales d’une manière indéfinie et rendre, ainsi, le système ingouvernable ».

NEHAWU est l’une des plus grandes filiales du COSATU, le puissant congrès des syndicats sud-africains qui fait partie, avec le parti communiste et le Congrès National Africain (ANC), d’une alliance tripartite ayant permis à la formation de l’icône Nelson Mandela de se maintenir au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Le COSATU a indiqué, pour sa part, que le renoncement à l’accord de 2018 était « un acte flagrant de provocation irresponsable ».

L’association des employés du secteur public, un autre syndicat important, a indiqué qu’il appellera à des manifestations et des grèves si le gouvernement persiste dans ses tentatives de réviser l’accord.
Les économistes n’ont eu de cesse d’appeler le gouvernement à se montrer plus dur vis-à-vis des syndicats en raison des pressions fiscales que le pays subies dans un contexte de ralentissement économique qui dure depuis presque une décennie.

Les salaires du secteur public représentent un tiers des dépenses publiques en Afrique du Sud, selon l’agence Fitch.