Afrique du Sud: L’ANC prépare une motion de destitution contre le président Zuma

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Face au refus du président Jacob Zuma de quitter le pouvoir, le parti de l’ANC, au pouvoir, ne semble plus avoir de choix que de préparer une motion de destitution contre le Chef de l’Etat, rapportent ce mardi 6 février les médias sud-africains

L’étau ne cesse de se resserrer contre Zuma depuis dimanche dernier, quand il a été convoqué à une réunion avec la nouvelle direction du parti de Nelson Mandela, conduite par le vice-Président Cyril Ramaphosa.

Lors de cette réunion, Zuma a rejeté une offre de quitter le pouvoir paisiblement, arguant que rien ne justifie son départ avant la fin de son mandat constitutionnel, prévue en 2019.

Suite à ce refus, le Comité national de l’ANC s’est réuni lundi pour approfondir les discussions sur une question qui ne cesse de polariser cette formation au pouvoir au pays arc-en-ciel depuis 1994, date de la fin du régime de la ségrégation raciale.

A l’issue de cette rencontre encadrée par de violents affrontements devant le siège de l’ANC à Johannesburg entre supporters et détracteurs de Zuma, le comité a décidé de renvoyer la question au Comité national exécutif, plus haute instance dirigeante du parti.

Les observateurs s’attendent à une véritable bataille mercredi au sein du comité où Zuma compte toujours de forts alliés déterminés à défendre becs et ongles leur leader.

Devant une pareille situation d’impasse, l’ANC sera obligé de suivre la voie constitutionnelle pour déloger l’indéboulonnable Zuma, à savoir une motion de destitution au parlement.

Cette voie n’est pas pourtant pas facile, car la motion doit passer par toutes les structures du parti avant de parvenir au parlement.

L’institution législative sud-africaine, dont le siège se trouve au Cap, a déjà programmé pour le 22 février un vote sur une motion de défiance contre Zuma, présentée par le parti de l’Economic Freedom Fighters (EFF/opposition).

Des membres du groupe parlementaire de l’ANC, cités par les médias, ont indiqué que leur groupe ne soutiendra pas l’initiative de l’EFF, dirigé par Julius Malema, ancien chef de la jeunesse de l’ANC.

Arrivé au pouvoir en 2009, Zuma a réussi à surmonter plusieurs motions de destitution, alors que son parti était très divisé et son mandat très critiqué sur fond d’une accentuation des problèmes économiques et sociaux dont un chômage record et des scandales de corruption à répétition.

Les appels à la démission de Zuma se font de plus en plus entendre au sein de l’ANC depuis l’accession en décembre dernier de Ramaphosa à la direction de l’ANC.

Agé de 75 ans, Zuma fait face à de nombreux scandales qui ont terni l’image de l’ANC. Il est notamment menacé par la réouverture de plus de 780 charges de fraude et de corruption notamment dans une affaire de contrat d’armement datant de la fin des années 1990.

Il est également accusé de collusion avec une richissime famille d’hommes d’affaires, d’origine indienne, les Gupta.

La situation de Zuma est devenue intenable depuis l’élection de Ramaphosa à la tête du parti. Ce dernier a promis d’endiguer la corruption au plus haut niveau de l’Etat.