Algérie : L’armée signe et persiste, la rue aussi

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Ce 7 juin, les Algériens engagent leur seizième vendredi de protestation populaire contre le pouvoir et pour la démocratie. Les observateurs les attendent aussi nombreux que lors des précédents vendredis pour rejter la transition sous le même régime avec les figures à l’image du président par intérim Bensaleh et son premier ministre Bedoui.

Ce vendredi intervient après le discours de Bnesalah prononcé, jeudi soir, qui a fortement déçu les Algériens, n’ayant rien apporté de nouveaux.

Dans ce discours le président intérimaire a appelé l'ensemble de la classe politique au dialogue afin d'arriver à un consensus autour de l'organisation de l'élection présidentielle.

Dans ce « discours à la Nation » retransmis par la télévision officielle, le chef de l'Etat a invité "la classe politique, la société civile et les personnalités patriotiques nationales, jalouses du devenir de l’Algérie, à opter pour la voie du dialogue inclusif en vue de poser les jalons du processus de concertation. Il a précisé  que l’Etat s’emploiera à organiser dans les meilleurs délais, à débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle, et partant, tracer une feuille de route devant aider à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité".

Il a de même réitéré son engagement à garantir "au scrutin présidentiel toutes les conditions d’une élection régulière, libre et transparente, telle que souhaitée par notre peuple", indiquant que cette nouvelle étape "est incontestablement une opportunité précieuse pour restaurer la confiance et mobiliser les forces patriotiques nationales en vue de construire le consensus le plus large possible autour de l’ensemble des questions".

Rejetant implicitement els exigences de la rue qui réclame une gouvernance de transition en vue de mettre sur pied une deuxième république, Bensalah s’est dit "convaincu" que "seul le président de la république, élu démocratiquement, jouira de la confiance et de la légitimité requises pour lancer ces réformes et contribuer à relever les défis qui se posent à notre Nation".

"L’organisation d’une présidentielle dans des délais acceptables, sans aucune perte de temps, constitue l’unique voie et la plus efficace, politiquement et la plus rationnelle, démocratiquement", a-t-il insisté.

Le matin de ce vendredi, les manifestants continuaient, relève le site TSA, « d’affluer au centre-ville où un important dispositif policier est déployé. La mobilisation semble intacte. Les manifestants ont répondu à l’offre de dialogue de Bensalah en scandant : « Bensalah dégage ». A l’adresse de Gaid Salah, les manifestants lui rappellent son engagement d’appliquer les articles 7 et 8. Ils réitèrent leur attachement à un Etat civil et disent « non » à un régime militaire. »