Ces menottes aux poignets derrière le dos que Said Bouteflika a été conduit au tribunal

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La télévision algérienne a diffusé dimanche 5 mai des images montrant Saïd Bouteflika, ainsi que les deux généraux Toufik et Tartag, en train d’arriver séparément au Tribunal militaire de Blida ( sud d'Alger). Des images qui paraissaient encore inimaginables la veille, rapporte quelques organes de presse algériens.

Saïd Bouteflika, frère et puissant conseiller de l'ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika, ainsi que deux anciens chefs du renseignement ont été placés dimanche en détention provisoire et inculpés notamment pour "complot contre l'autorité de l'Etat", crime passible d'une lourde peine d'emprisonnement.

Les trois hommes, arrêtés samedi 4 mai, ont été placés en détention provisoire après avoir été entendus par un juge d'instruction du tribunal militaire de Blida (sud d'Alger), selon un communiqué du parquet militaire.

Ils sont poursuivis pour "atteinte à l'autorité de l'armée" et "complot contre l'autorité de l'Etat", des crimes pour lesquels ils encourent 5 à 10 ans de prison, selon le code de justice militaire.

La télévision d'Etat a interrompu ses programmes pour diffuser un bulletin d'information spécial accompagné d'images de l'arrivée au tribunal de Saïd Bouteflika, de Mohamed Mediene, qui a dirigé les puissants services secrets algériens durant 25 ans, et de son successeur, Athmane Tartag, ex-coordinateur des services de renseignement.

Ils étaient accompagnés de membres des services de sécurité en civil dont les visages ont été floutés.

Leur arrestation n'ayant pas été évoquée par les médias officiels, les Algériens étaient nombreux depuis samedi à réclamer la diffusion d'images attestant que les trois ex-dignitaires du régime avaient bel et bien été interpellés.

Saïd Bouteflika, 61 ans, était considéré comme le véritable homme fort du palais présidentiel depuis l'accident vasculaire cérébral dont a été victime son frère Abdelaziz en avril 2013. A ce titre, il est l'une des figures honnies des manifestants qui réclament depuis le 22 février le départ des responsables du système.

Ces incarcérations interviennent deux jours après le onzième vendredi de manifestations massives contre le pouvoir, qui ont poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission le 2 avril après 20 ans à la tête de ce pays pétrolier.