Démolition par Israël de maisons palestiniennes à Al Qods : ''je veux mourir ici !''

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Israël a entamé lundi la démolition de logements de Palestiniens au sud de Jérusalem, à proximité de la barrière de séparation qui isole la Ville sainte de la Cisjordanie occupée, une opération dénoncée par les Palestinien et qui a suscité l'inquiétude de l'ONU.

Avant l'aube, plusieurs centaines de policiers et soldats ont bouclé au moins quatre bâtiments à Sour Baher, quartier à cheval entre Jérusalem et la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par Israël. 

Résidents et activistes ont été évacués et la presse tenue à distance avant que commencent les démolitions, tôt lundi matin. Les crans d'acier des pelleteuses ont alors dévoré au moins trois immeubles de plusieurs étages, dont deux inachevés, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

"Je veux mourir ici", criait un homme, après avoir été évacué de force. 

"Lorsque la maison sera démolie, nous serons à la rue", a déclaré à l'AFP un autre habitant, Ismaïl Abadiyeh, 42 ans, qui vit dans l'un des bâtiments menacés avec ses quatre enfants.

Les Palestiniens accusent de leur côté Israël d'utiliser la sécurité comme prétexte pour les contraindre à abandonner la zone et élargir les colonies israéliennes et les routes les reliant entre elles. Ils dénoncent également une violation de tous les accords signés avec Israël.

"D'abord Israël occupe militairement les terres, puis construit ce mur hideux de l'apartheid, puis décide de démolir les maisons palestiniennes, construites sur des terres palestiniennes avec des permis palestiniens légaux, à cause de leur proximité avec le mur !", a condamné la responsable palestinienne Hanan Ashrawi sur Twitter. 

"Cette opération est destinée à couper Jérusalem de Bethléem" dans le sud de la Cisjordanie, a affirmé Walid Assaf, ministre palestinien en charge de la surveillance des colonies israéliennes, dans une vidéo tournée sur place lundi matin.

"Risque pour la sécurité" 

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Le ministre israélien de la Sécurité publique, Gilad Erdan, comme d’habitude chaque que l’Etat hébreu entame un acte hideux à l’encontre des Palestiniens avance des raisons de « sécurité.

Depuis 1967, Israël occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, qui a par la suite été annexé, une décision qui n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. 

L'Etat hébreu a commencé à construire une "barrière de sécurité" au début des années 2000, pour se protéger des attaques venues de Cisjordanie. A terme, l'ouvrage doit atteindre 712 km de long.

Pour les Palestiniens, cette barrière, constituée de barbelés, fossés, clôtures électroniques et murs de béton atteignant jusqu'à neuf mètres de haut est un "mur de l'apartheid" qui entrave leur vie quotidienne. Son tracé se trouve à 85% en Cisjordanie et isole 9,4% du territoire palestinien, selon l'ONU.

Le 18 juin, les autorités israéliennes avaient informé certains résidents du quartier de Sour Baher de leur intention de démolir leurs habitations, leur donnant 30 jours pour évacuer les lieux.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), cette décision concerne 10 bâtiments, dont la plupart sont encore en construction, dont environ 70 appartements. Environ 350 personnes sont concernées et 17 autres seront déplacées, selon l'Ocha.

Le "déplacement, notamment pour les plus vulnérables, est traumatisant et a des conséquences durables", a mis en garde l'ONU avant les démolitions. 

Une vingtaine de diplomates, représentant 20 pays majoritairement européens, se sont rendus le 16 juillet dans ce quartier de la région de Jérusalem, où des responsables palestiniens les ont appelés à empêcher Israël de démolir ces habitations.

Les habitants de Sour Baher ont aussi dit craindre que cent autres bâtiments de leur quartier ne soient également menacés dans un avenir proche. 

Les autorités israéliennes démolissent régulièrement ce qu'elles considèrent comme une construction illégale de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée.

Les Palestiniens affirment qu'il est presque impossible d'obtenir des permis de construire de la part des autorités israéliennes et qu'il en résulte une pénurie de logements. 

Mais dans le cas de Sour Baher, certains bâtiments avaient été construits avec des permis palestiniens, les terrains sur lesquels ils se trouvent étant sous autorité palestinienne, selon les accords d'Oslo.