Elections législatives algériennes : entre contestations et lutte pour le pouvoir

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Les résultats des élections législatives algériennes du 4 mai dernier ont suscité la colère de nombreux partis qui parlent de « fraudes » et de « bourrages d’urnes ». Certains, comme Moussa Touati, président du Front National Algérien, ont d’ailleurs entamé une grève de la faim pour protester contre les résultats du scrutin

Abderrazak Makri, responsable du parti islamiste Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), a déclaré que le Front de Libération Nationale (FLN) et le Rassemblement National Démocratique (RND) ont des « pratiques de voyous ». Selon lui, il ya eu « bourrages d’urnes ».

De son coté, le Rassemblement pour le Culture et la Démocratie (RCD), a dénoncé « une fraude qui expose la nation à tous les périls ». Pour le RCD, même le taux de participation (35,37%) revu à la baisse par le conseil constitutionnel est frauduleux.

Grève de la faim

Après la proclamation de ces résultats controversés, Moussa Touati a entamé une grève de la faim dans le but de protester contre « la fraude massive » du scrutin. Réclamant un siège au parlement, il a annoncé être déterminé à maintenir son action.

« Je suis prêt à mettre fin à mes jours si le régime algérien ne m’accorde pas mes sièges au parlement », a déclaré Moussa Touati. Ses compagnons, qui sont eux aussi en grève ont affirmé qu’ils maintiennent également leur action. A travers cette action, Touati veut alerter l’opinion publique sur ce qui s’est passé le jour des élections.

Le FNA dénonce une fraude «honteuse» et «généralisée» à travers le territoire national. Selon Touati, ce trafic a été orchestré par les chefs de daïra avec la complicité de la Haute Instance Indépendante de Surveillance des Elections (HIISE).

Moussa Touati accuse également les pouvoirs publics d’avoir grossi le taux de participation officiel qui, selon lui, ne pouvait pas dépasser les 15%. Selon lui, il s’agit d’une « maffia », n’ayant pas d’autre « qualificatif pour décrire la situation ».

Vote blanc des militaires

Le samedi 13 mai dernier, Louisa Hanoune, secrétaire général du parti des travailleurs se prononçait sur le vote blanc des militaires en ces termes : « le vote blanc des militaires est un tournant qualitatif. Il traduit qu’ils refusent l’opération mais obligés de participer. Il traduit qu’ils refusent ce régime et à ce que l’armée soit instrumentalisée (…) Une nouvelle situation s’ouvre ».

Par ailleurs, en votant blanc, les militaires auraient tout simplement appliqué le mot d’ordre du général Gaid Salah, chef de l’état-major.

On prête à ce dernier qui serait en conflit avec le frère du président algérien, Said Bouteflika, pour lui la route de la présidence et se positionner lui-même en tant que successeur du président malade. Ses sorties médiatiques le rendant de plus en plus visible au moment où Abdelaziz Bouteflika sa fait rare à cause de sa maladie, font de lui un « suspect » la lutte pour le pouvoir qui ronge Alger..

Ordonner aux militaires de voter blanc, ressemble donc plus à une  stratégie soigneusement réfléchie qu’à autre chose.