France – Islam : La tolérance avec un préfixe négatif

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En Occident, la France entre autres, l’islam n’a jamais été aussi critiqué et visé. D’abord c’est une tendance politique, puis aujourd’hui, de plus en plus une réalité culturelle, l’expression même de l’intolérance. L’histoire de Mennel Ibtissem en est un parfait exemple

L’affaire Mennel Ibtissem a révélé une grande hostilité à l’égard de la culture arabe, de la langue arabe et de ses possibilités. Mennel Ibtissem est une chanteuse de vingt-deux ans qui a participé à « The Voice ». Elle est d’origine Syrienne, et le simple fait de la voir porter un voile, même moderne plutôt arrondi autour de la tête, et ne retombant pas forcément sur le cou, a suffi pour en faire une pestiférée.

Mennel est professeur d’anglais, et c’est sans doute pour cela qu’elle a chanté « Hallelujah » de Leonard Cohen. Le problème se situe dans le fait qu’elle ait posté des Tweets où elle relativisait les attentats qui ont eut lieu en France.

En réalité, cette petite histoire, c’est l’histoire d’un amalgame opéré à deux niveaux. Tout d’abord, la jeune Mennel a chanté une chanson de Leonard Cohen, un juif, prônant certainement ainsi la cohabitation des peuples. La suite est peu vraisemblable, elle a fini la chanson en arabe. Rien de grave pour le moment. Pourtant, les critiques envers son interprétation ont visé ce choix, un choix qui selon les ennemis de la jeune femme représenterait une erreur de sa part, car portant ainsi le voile, elle n’aurait pas dû chanter un champ religieux juif, encore moins terminer la chanson en langue arabe, d’autant plus que ça n’était même pas la traduction de la chanson « Hallelujah ».

Ce n’était qu’un début de ce qui allait devenir une descente en enfer.

Après avoir effectué une recherche sur la fameuse Mennel, ses détracteurs ont trouvé d’avantage à redire. Les internautes se sont donc rendu compte qu’elle postait des propos extrémistes, peu « empathiques » avec les victimes des attentats en France.

L’amalgame ici, c’est l’adjonction. Pourquoi redéfinir les propos d’une jeune fille alors qu’elle avait à peine 20 ans à l’époque, et les adjoindre ainsi à un ensemble, celui des extrémistes antisémites, tueurs et criminels de ce monde. Pourquoi se rabattre sur les propos tenus par cette jeune fille, alors que les réseaux sociaux représentent un phénomène qui touche l’ensemble de la population, qui plus est, qui n’a jamais tenu des propos qui ne lui ressemblent pas tant que ça, sur cette fameuse toile ?

D’ailleurs, elle essayait sûrement, à l’époque, lorsqu’elle a tenu ces propos, simplement de définir son identité, rien de si grave. Les plus indulgents y ont vu tout au plus une erreur de jeunesse. Mais globalement, le public français l’a sévèrement critiquée, alors que Mennel a tenu ces propos tentant de retrouver sa place dans une France où il y a tout un tas d’agressions envers sa culture et ses origines.

Elle essayait simplement de trouver une réponse en elle, alors qu’elle est Syrienne et qu’elle est née dans une France où il y a de plus en plus d’agressions antisémites, de défiances et d’injures à l’encontre des religions et de l’islam tout particulièrement.

Les actes racistes peuvent faire réagir plus d’un parmi nous, l’arrogance sexiste et l’intolérance envers Mennel Ibtissem sont tout simplement impardonnables.

Beaucoup ont, eux aussi, tapoté sur leur clavier et sur les réseaux sociaux, alors qu’ils tentaient de défendre leurs idées, leurs abstractions. Pourquoi accuser Mennel d’en avoir fait de même, à 20 ans ? Parce qu’elle met un fichu.

Désormais, la jeune fille de 22 ans, de « coupable » est devenue elle-même la victime de propos racistes et fascistes. Et la mise en scène de l’amalgame n’est pas terminée. En effet, pourquoi amputer cette jeune fille du droit de chanter en anglais et en arabe, qui plus est alors que la chanson est  un champ lyrique juif, d’un auteur de confession juive, prouvant même ainsi par là sa bonne foi et son envie du vivre ensemble.

Toute l’histoire de la France d’aujourd’hui se résume à l’érection de la laïcité en religion dont l’intolérance cache mal ce que certains veulent transformer en choc de civilisations, profitant de la moindre erreur, si erreur il y a, pour vouer aux gémonies ceux que les Français veulent diaboliser. Et c’est dommage que le pays des droits de l’homme et de la différence perde ainsi  toute notion de savoir-vivre ensemble.