Gaïd Salah, l’homme des casernes

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Les semaines et les mois passent et Gaïd Salah se ressemblent. Je mets se ressemblent au pluriel parce que le vice-ministre de la défense et chef de l’état-major est à lui seul les 500 ou 600 généraux que supporte le budget algérien. Entre deux discours, souvent à intervalle rapproché, et deux ou trois prises de position, toujours la même déclinée à un ou deux mots près dans les mêmes termes, il court, il court la maladie des casernes, avec un faible pour la 3ème région frontalière avec le Maroc. On lui diagnostiquerait à distance une popotite, inflammation aigue de l’amour pour la tournée des popotes, qu’on ne s’y tromperait pas trop. Un drôle de bonhomme tout de même, tout en rondeurs trompeuses. Il ânonnerait la même chose une fois, deux fois, trois fois, mille fois à l’infini, il ne se fatigue jamais. On imagine qu’à l’école, qu’il n’a que très peu fréquentée, il a dû être un fervent ardent du par cœur.

Il fait comme on faisait autrefois et comme on fait encore au m’sid, à force de répétition ça finit par trouver un interstice dans la boite crânienne pour se glisser subrepticement à l’intérieur du cerveau. C’est ce qu’il fait avec les Algériens, ses compatriotes. A force de leur répéter la même chose, vaguement en rapport avec une vague constitution que personne n’a jamais prise au sérieux, ils finiront par croire à ce qu’il dit à propos de la voie constitutionnelle et de son incontournable respect pour éviter le chaos au pays du million de martyrs.

Si l’on additionnait tous les pétrodollars qui ont fini depuis l’indépendance dans les poches des Gaïds Salalhs et consorts de paille civils et on les divisait par le million de martyrs, les Algériens pourraient se faire une idée précise en sonnant et trébuchant de la valeur monétique de chaque mort pour la l’indépendance de l’Algérie. Pas des Algériens, malheureusement. Mais cette fois-ci ce sera peut-être la bonne. Sans victime inchallah.

Revenons à nos moutons et à Gaïd Salah. 80 ans et tous ses brodequins. Trois étoiles en prime et le titre de Monsieur le général de corps d’armée. Il est pour le régime algérien ce que l’homme des cavernes est pour la préhistoire. Une ancienneté qu’aucun officier supérieur de son grade n’a atteinte. Il faut une qualité pour cela : la servitude, faire le roseau, plier l’échine jusqu’à plus. J’ai déjà dit que c’est un drôle de bonhomme, tout en rondeurs trompeuses ? Je l’ai déjà dit, d’accord. J’ajouterai que c’est un effronté qui détient tous les records de l’effronterie. Le culot avec lequel il parle de la corruption, des corrompus et des corrupteurs, qui ont confondu biens du pays et biens personnels, qui vont voir ce qu’ils vont voir… Bluffant ! Et il croit que les Algériens vont avaler une si grosse couleuvre. Même cuisinée avec tout l’art culinaire chinois, patrimoine culturel de l’humanité, elle ne passera pas. Où était-il pendant tout ce temps ? A l’ombre de fakhamatou arra-iss, à tenir servilement un parasol royal à Monsieur Abdelaziz Bouteflika qui à défaut d’être roi, nourrissait le rêve public de rester le recordman de la longévité présidentielle en Algérie et le deuxième président à vie bien devant Houari Boumediene mort à son poste après ‘’seulement’’ 13 ans d’exercice. Les Algériens, dans un sursaut de dignité en ont décidé autrement.