Gaïd Salah met ses menaces à exécution et jette en prison un général à la retraite

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L’ex candidat à la présidentielle, le général à la retraite Ali Ghediri a été placé sous mandat de dépôt après sa comparution devant le juge d’instruction du Tribunal de Dar El Beida qui retient contre lui  « la participation à la fourniture à des agents de pays étrangers d’informations qui portent atteinte à l’économie nationale, et la participation en temps de paix à un projet visant à porter atteinte au moral de l’armée dans le but d’affaiblir la défense nationale.

Début de l’été dernier, le général Ali Ghédiri avait particulièrement attiré l’attention sur en rencontrant à Paris les services sécuritaires de l’Ambassade américaine à Paris, très attentifs à ce qui se passe à Alger. Il s’est par la suite fait remarquer par une lettre ouverte à ses « ainés », en fait l’armée qui soutenait à fond Abdelaziz Bouteflika.

La course de succession au pouvoir en Algérie était alors entrée dans sa dernière ligne droite et la lutte sans pitié que se livraient les véritables détenteurs du pouvoirs* n’arrivait plus à dissimuler ses véritables atours et sa violence.

C’est sur fond de ces querelles à couteaux tirés que les nerfs du vice-ministre de la défense et chef d’état-major, Gaïd Salah, avaient été mis à rude épreuve par le général major à la retraite, Ali Ghediri qui avait invité l’armée à empêcher le viol de la constitution par un probable report des élections.

Il n’en fallait pas plus pour qu’Ahmed Gaïd Salah l’accuse, dans un communiqué du ministère de la défense, de «rouler pour des cercles occultes», composés «d’anciens militaires», qualifiant sa sortie de «grave dérive».

Pour comprendre la réaction violente de Gaïd Dalah, il faut rappeler que le général Major Ali Ghediri, était un des fidèles collaborateurs du général Mohamed Mediène, dit Toufik, le patron tout puissant des services algériens (DRS) pendant un quart de siècle. Son départ à la retraite l’avait soulagé de ce haut gradé qui osait lui dire non et lui tenait tête. L’ancien directeur des personnels au ministère de la défense avait, entre autres, tout tenté pour contrarier la prise contrôle de l’armée par le chef d’état-major.

Début de l’été dernier, le général Ali Ghédiri avait particulièrement attirait l’attention sur lui en rencontrant à Paris les services sécuritaires de l’Ambassade américaine à Paris, très attentifs à ce qui se passe à Alger. La preuve que les réseaux de Toufik restaient actifs et tendaient à jouer leurs cartes pour la succession du désormais président déchu.

Le ministère de la Défense qui courrait encore pour Bouteflika n’hésitait pas à dénoncer les militaires à la retraite «rejoignent des cercles occultes, et ce, dans le seul but d’assouvir des ambitions personnelles démesurées, qu’ils n’ont pu réaliser à l’intérieur de l’institution». Par sous-entendus, Gaïd et ses amis n’hésitaient pas à brandir la menace de l’accusation de trahison. C’est aujourd’hui chose faite.