La trotskiste Hanoune inculpée pour avoir rencontré Saïd Bouteflika

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La justice algérienne a inculpé Louisa Hanoune, cheffe du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), de complots contre l'armée et l'Etat pour avoir rencontré Saïd Bouteflika, alors conseiller de son frère Abdelaziz, lui-même encore chef de l'Etat, a indiqué lundi 13 mai un de ses avocats.

Secrétaire général du PT depuis 1997, Hanoune a été placée en détention provisoire jeudi 9 mai, à l'issue de son audition par un juge d'instruction militaire dans une enquête contre Saïd Bouteflika et les généraux Mohamed Mediene dit "Toufik" et Athmane Tartag dit "Bachir", anciens chefs des puissants services de renseignement.

"Les chefs d'inculpation de Louisa Hanoune sont les mêmes que ceux des trois autres: atteinte à l'autorité de l'armée et complot contre l'autorité de l'Etat", a déclaré à l'AFP Me Boudjemaa Ghechir.

Selon lui, ses inculpations sont liées au fait que Hanoune a rencontré Saïd Bouteflika, durant la crise née du mouvement de contestation inédit déclenché en Algérie le 22 février et qui a contraint Abdelaziz Bouteflika à démissionner, après 20 ans à la tête de l'Algérie, sous les pressions conjuguées de la rue et de l'armée.

"Mme Louisa Hanoune a reconnu avoir recontré Saïd Bouteflika, seul et à sa demande. Il n y a pas eu de réunion des quatre" inculpés, a souligné Me Ghechir, précisant qu'à l'époque Abdelaziz Bouteflika était toujours président de la République et son frère Saïd toujours son "conseiller spécial".

Elle "avait l'habitude de donner son avis sur la situation politique, même avec le president Bouteflika", a-t-il ajouté.

Homme fort de facto du pays depuis qu'il a lâché Abdelaziz Bouteflika, dont il avait été un indéfectible soutien durant 15 ans, le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, avait mis en cause les trois hommes dès la fin du mois de mars, sans les nommer, les accusant de complot contre la stabilité de l'Algérie.

Peu avant, le général Gaïd Salah avait demandé, face à la contestation, que soit mis en oeuvre la procédure permettant un départ du président Bouteflika du pouvoir, soit par une démission soit en le déclarant inapte pour raisons de santé.

Les observateurs avaient interprété ses mises en garde comme la crainte d'une alliance entre l'entourage de M. Bouteflika, son frère en tête, et les anciens responsables des services de renseignements pour contrer le général Gaïd Salah.