Le président Macky Sall réduit le nombre de ses ministres et supprime le poste de premier ministre

5437685854_d630fceaff_b-
149
Partager :

Ce dimanche soir, le futur ex-premier ministre du Sénégal, Mahammed Boune Abdallah Dione a annoncé la nouvelle liste qui composera le gouvernement du Sénégal. Comme promis en 2012 durant sa première campagne, Macky Sall réduit enfin le nombre de ses ministres à 32 ; contre 39 auparavant et supprime le poste de premier ministre.

Son premier ministre a annoncé des changements structurels en nombre et en personnes dans la nouvelle composition de son gouvernement.

Désormais, un ministre sur deux sera nouveau au Sénégal et chaque ministre aura un représentant dans les 14 régions du pays. « Ceci est un marqueur de ce nouveau gouvernement. Le gouvernement sera arrimé aux priorités fixées par le Président pour le quinquennat », a fait savoir Boune Abdallah Dione.

Parmi les 19 ministres qui resteront au gouvernement, les 5 hommes du président ne bougent pas.

Depuis son arrivée à la tête du Sénégal en mars 2012, Macky Sall ne s’est jamais passé de Oumar Guéye (Ministre des Collectivités territoriales) Aly Ngouille Ndiaye (Ministre de l’Intérieur), Ablaye Daouda Diallo (Finances et budget), Aminata Mbengue Ndiaye (Pêche et économie maritime) et Serigne Mbaye Thiam (eau et assainissement).

Le changement majeur sera la suppression du poste de premier ministre

L’actuel premier ministre et son gouvernement devront faire face à un chantier de taille : la suppression de la fonction de premier ministre.

Chargé d’appliquer la politique de la Nation, déterminée par le président la République lui-même, le poste de Premier ministre ne sera plus inscrit dans la constitution sénégalaise dans les mois à venir.

Déjà supprimé en 1963 par le Président Léopold Sédar Senghor et en 1983 par Abdou Diouf, Macky Sall imite ses anciens prédécesseurs.

En supprimant le poste de premier ministre à Dakar, il donne du fil à retordre à son gouvernement qui devra, dans les plus brefs délais, veiller à ce que le changement soit fait.

Son projet, jugé autoritaire, ne va pas sans inquiéter l’opposition. Une « ère de gestion solitaire par le président Macky s’annonce au Sénégal » selon Thierno Bocoum, membre de l’opposition, proche d’Idrissa Seck.

Pour lui, le président devait affirmer cette volonté durant ses campagnes électorale ou, « au moins en discuter avec l’opposition au préalable ».

« C’est une décision solitaire qui touche fondamentalement au régime politique sénégalais » poursuit-t-il.

Pour une grande partie de l’opposition il sera difficile, sans premier ministre, de nouer la phase de dialogue politique avec le pouvoir. De plus, « cette décision radicale modifierait la constitution » dont plusieurs articles font référence au premier ministre et le responsabilise dans le fonctionnement de l’Etat.