Nikki Haley : L’ « étoile montante » du parti républicain au parcours onusien d’une comète

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Nikki Haley, de son vrai nom Nimrata Randhawa, est née à Bamberg en Caroline du Sud. Ses parents, des émigrés indiens originaires du Pendjab (Etat indien) qui arrivent en Caroline du Sud dans les années 60

Comme la plupart des grands décideurs américains que les débuts d’une présidence révèlent, elle est inconnue au bataillon, notamment à l’international, quand elle débarque aux Nations Unies pour y représenter les tout puissants Etats Unis.  En moins de 24 heurs, ses postures et son langage font faire à son nom et son image le tour du monde. Ses attitudes implacables renvoient plus à à un héros d’un western qu’à la diplomatie.

Elevée dans une famille de confession sikh, Nikki Haley  se convertit au méthodisme avant son mariage avec Michael Haley, officier dans la garde nationale des Etats-Unis.

Diplômée de l’Orangeburg Preparatory Schools en 1989, Nikki Haley détient également un bachelor’s degree en comptabilité de l’université de Clemson.

Parcours politique

En 2004, Nikki Haley bat, lors de l’investiture républicaine le représentant d’Etat sortant, Larry Koon. Elle est ensuite élue à la chambre des représentants de la Caroline du Sud pour le 87ème district lors de l’élection générale. En 2006 et 2008, elle est réélue.

En novembre 2010, grâce au soutien de Sarah Palin, alors égérie du mouvement ultra conservateur Tea Party, Nikki Haley remporte le gouvernorat de Caroline du Sud. Elle devient ainsi la première femme gouverneure de cet Etat, la première gouverneure issue d’une minorité en Caroline du Sud et la plus jeune gouverneure des Etats-Unis. Elle n’a que 38 ans à l’époque.

Durant son mandat, Haley fait retirer le drapeau confédéré du parlement de Caroline du Sud, après qu’un suprémaciste blanc ait assassiné neuf personnes dans une église afro-américaine.

C’est en novembre 2016 que le président américain, Donald Trump, choisit Nikki Haley pour le poste d’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, pourtant elle s’était régulièrement opposée à lui lors de sa campagne électorale. En janvier 2017, sa nomination est officiellement proposée au sénat.

Par ailleurs, cette nomination a été largement critiquée par la presse américaine qui a évoqué son manque d’expérience en politique étrangère. Si certains médias ont estimé que la nomination de Nikki Haley donnait à Trump les moyens de concrétiser le rapprochement américano-russe, d’autres ont mis en avant le soulagement des cercles diplomatiques onusiens qui craignaient le retour de John Bolton, connu pour son hostilité envers l’organisation internationale.

Quant à ses relations avec Trump, on l’a dit plus haut, elles étaient pour le moins tendues. Haley avait soutenu le sénateur de Floride Marco Rubio pour les primaires républicaines, avant de se tourner vers Ted Cruz après l'abandon de la course par son favori. La gouverneure s'est régulièrement opposée aux propositions de Donald Trump pendant sa campagne, comme celle d'interdire l'entrée sur le sol américain aux musulmans. Favorable à l'immigration légale, elle avait déclaré : "Les républicains doivent se souvenir que la construction de l'Amérique repose sur l'immigration légale", souligne  le Washington Post.

Qualifiée par certains médias d’ « étoile montante du parti républicain », Nikki Haley est opposée aux syndicats, aux réglementations et aux hausses d’impôts et est contre l’avortement. Un reportage publié en février 2012 indiquait que Nikki Haley envisageait de lutter contre ce qu’elle appelle la « culture du négativisme ».

En avril 2017, Nikki Haley n’hésite pas à brandir, au conseil de sécurité, des photos d’enfants morts après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun qui aurait été menée par le régime de Bachar Al Assad et pointait du doigt la Russie qui n’a pas su tempérer son allié syrien.  

On se rappelle également de sa mise en garde en décembre 2017, contre les pays qui voteraient en faveur d’une résolution condamnant la décision de Washington de désigner Jérusalem comme capitale d’Israel. « Nous ne nous attendons pas à ce que ceux que nous avons aidé nous ciblent. Jeudi, il y aura un vote critiquant notre choix. Les Etats-Unis noteront les noms », avait-elle déclaré.

La démission

En poste depuis moins de deux ans en tant qu’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley a présenté sa démission, ce mardi 9 octobre, à la surprise générale.

Elle a, cependant, assuré qu'elle ne se présentera pas à l'élection présidentielle de 2020 et qu'elle fera campagne pour le président Donald Trump.

S'exprimant devant des journalistes à la Maison Blanche, Trump et Nikki Haley ont officialisé l'annonce de démission sans, toutefois, fournir d'explications claires quant aux motivations de cette décision.

Le président Trump a précisé qu'elle l'avait informé il y a six mois qu'elle voulait quitter son poste pour prendre du temps libre, et a souhaité revenir ultérieurement au sein de l'administration US dans le cadre d'une autre fonction.

Donald Trump a ajouté que cette démission ne sera effective qu'à la fin de l'année, assurant qu'un successeur sera nommé dans un délai de deux à trois semaines.

Le chef de l'exécutif US a loué le « travail fantastique » de Nikki Haley et espéré qu'elle puisse « revenir à un moment ou un autre ». « Elle a été très spéciale pour moi », a insisté Trump.

Nikki Haley (46 ans), à qui l'on a souvent prêté des visées pour conquérir la Maison Blanche, a nié cette intention, affirmant qu'elle va faire campagne pour la réélection de Trump lors de la présidentielle de 2020.

« Il est important de savoir quand il est temps de faire un pas de côté », a-t-elle expliqué, affirmant ne pas avoir de plan précis pour la suite de sa carrière.

L'ex-gouverneur de Caroline du Sud, d'origine indienne, avait occupé le devant de la scène diplomatique américaine lorsque Rex Tillerson était Secrétaire d'Etat, mais elle a perdu de son influence après l'arrivée de Mike Pompeo aux Affaires étrangères et de John Bolton à la Sécurité nationale.

A l'ONU, elle s'est distinguée en portant une ligne dure notamment contre la Corée du Nord et l'Iran, les deux principaux dossiers de politique étrangère de l'administration Trump, même lorsque d'autres ministres poussaient pour une ligne plus modérée.