OPEP : Le premier qui bouge saignera du nez

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La loi anti-OPEP ou la loi de la jungle, la meilleure celle du plus fort. Trump est en train de s’outiller pour sanctionner financièrement et sévèrement tout Etat souverain producteur du pétrole, notamment les pays membres de l’OPEP, que l’idée d’augmenter les prix du baril sans l’aval de Washington lui passerait par la tête. Cette politique répond parfaitement à une expression marocaine ; Li dwa yaraaf : Le premier qui bouge saignera du nez

Cette loi enterrée depuis plus de dix ans refait surface au congrès américain. Une sous-commission du Sénat tient ce mercredi 3 octobre une audition sur la loi en question qui permettrait aux Etats-Unis de sanctionner tout pays qui déciderait de son propre chef de fixer les prix du pétrole

Cette loi, appelée Nopec (No Oil Producing and Exporting Cartels act), autrement dit la loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole, aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’OPEP aux Etats-Unis. Elle modifierait également la législation ‘’antitrust’’, permettant ainsi de poursuivre les pays de l’OPEP pour collusion.

La proposition de loi, qui jusqu’ici a été rejetée pour protéger l’Arabie Saoudite, pourrait trouver soutien au prés du président américain. « L’OPEP est la bête noire de Trump. Tout le monde sait qu’il pourrait facilement soutenir le Nopec », a souligné Joe McMonigle, analyste spécialiste de l’énergie.

Selon ce dernier, l’audition de ce mercredi devrait permettre d’évaluer la position de l’exécutif. Le chef de la division Antitrust du département de la justice, Makan Delrahim sera notamment entendu par les sénateurs.

Pour rappel, les deux chambres du congrès avaient voté, en 2007, une version du Nopec qui a finalement été remisée quand le président Georges Bush a fait savoir qu’il opposerait un veto.

Par ailleurs, l’application de cette loi causerait beaucoup de détriments à Ryad qui détient près de 1000 milliards de dollars d’investissements aux Etats-Unis. D’ailleurs, le ministre saoudien de l’énergie, Khalid al-Fatih aurait évoqué cette question, ces derniers mois, durant des entretiens privés avec des responsables américains, selon deux sources anonymes.