Rajoy cité comme témoin dans une affaire de corruption

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Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a été cité à comparaître comme témoin au procès d'un vaste réseau de corruption ayant impliqué des responsables de son parti, a indiqué ce mardi 18 avril une source judiciaire.

L’audience nationale, la plus haute instance pénale en Espagne, a accepté de citer comme témoin Mariano Rajoy dans le cadre du procès qui porte sur une période allant de 1999 à 2005, pendant laquelle l’actuel chef de l’exécutif occupait le poste de secrétaire général du Parti populaire (PP) et était chargé de plusieurs campagnes électorales, a précisé la même source.

La date de la comparution de Rajoy n'a pas encore été fixée. Elle a été décidée, malgré l’avis contraire du parquet, sur demande de l'Association Des Avocats Démocrates pour l'Europe (ADADE), partie au procès dans le cadre de l'accusation populaire.

Président du PP depuis 2004 et chef du gouvernement depuis 2011, Rajoy est cité à comparaître comme témoin au procès dit du réseau "Gürtel", lancé en octobre 2016 et qui se poursuit actuellement.

Selon l'accusation, ce réseau était dirigé par l'homme d'affaires Francisco Correa qui versait pots-de-vin et cadeaux à des fonctionnaires et des élus, pour que ces derniers attribuent des marchés publics à certaines entreprises « amies ».

Cette affaire avait notamment entraîné la démission en 2014 de la ministre de la Santé Ana Mato, dont l'ex-mari est jugé comme un bénéficiaire présumé d'importants cadeaux du réseau.

Un ancien trésorier du PP, Luis Barcenas, est quant à lui tenu de s'expliquer sur l'origine de son immense fortune, jusqu'à 48 millions d'euros placés sur des comptes en Suisse.

En janvier, devant les juges, Barcenas avait admis que le parti disposait « de ressources qui n'apparaissaient pas dans sa comptabilité officielle », mais alimentaient une «caisse B» du parti.

Si les entrepreneurs obtenaient un contrat, « ils nous passaient 2 à 3% » du montant, a de son côté affirmé au procès Francisco Correa.