Sommet G5 Sahel-France : les Africains à la recherche de ''résultats probants et rapides''

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Confrontés à une escalade des attaques jihadistes, les présidents de cinq pays sahéliens et Emmanuel Macron ont convenu lundi de renforcer leur coopération militaire contre les jihadistes, tandis que le président français s’agaçait de discours anti-français portés selon lui par des "puissances étrangères".

Les dirigeants des pays G5 Sahel qui avaient boudé dans un premier temps le sommet de Pau (sud-ouest de la France) contraignant le président français à le reporter, ont signé une déclaration commune où ils ont "exprimé le souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel", un engagement de plus en plus contesté par les populations locales qui  estiment ne bénéficier d’aucune véritable protection contre les menées des groupes terroristes de la nébuleuse islamiste.  

Selon le chef du bureau des Nations-Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas qui s’exprimait devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, les attaques jihadistes au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont fait, rien qu’en 2019, plus de 4.000 tuées, tandis que le nombre de personnes déplacées a été multiplié par dix pour atteindre environ un demi-million. 

Pour les forces françaises, le nombre de tués depuis 2013 à ce jour s’élève à 44 morts, dont 23 dans des accidents, 2019 ayant été l’année la plus meurtrière avec 17 tués au combat.  

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Paris qui ne cachait pas son agacement devant à la montée du sentiment anti-français en particulier au Mali et au Burkina exigeait des pays de G5 une réaffirmation expresse de leur désir de voir la France poursuivre son engagement dans la région ce que le sommet de Pau a permis d’obtenir visiblement sans trop de difficultés.

Le premier ministre français, suivi par la suite du chef d’état-major des armées française, ayant souligné au Forum de Dakar, en novembre dernier, l’impuissance des armées conventionnelles dans une guerre asymétrique, les participants ont convenu à Pau des évolutions stratégiques de la lutte anti-jihadiste, concentrant leurs efforts sur certains points, augmentant les efforts de formations des armées du Sahel et appelant tous les pays et partenaires souhaitant contribuer à participer à une "Coalition pour le Sahel".

Alors que les Etats-Unis simulent un désengagement de leurs troupes en Afrique, les pays du G5 Sahel ont aussi "exprimé leur reconnaissance à l'égard de l'appui crucial apporté par les Etats-Unis et ont exprimé le souhait de sa continuité". 

"C'est un allié important que nous devons sauvegarder, a insisté le Burkinabè Roch Kaboré, président en exercice du G5 Sahel. Leur désengagement "serait une mauvaise nouvelle pour nous", a renchéri Emmanuel Macron.  "J'espère pouvoir convaincre le président Trump que la lutte contre le terrorisme se joue aussi dans cette région", a-t-il déclaré.

Pour démontrer la détermination de la France, Emmanuel Macron a annoncé l'envoi de 220 hommes supplémentaires, qui viendront renforcer les troupes françaises de Barkhane, déjà fortes de 4.500 hommes. 

Lui qui avait évoqué un possible retrait des soldats français dans la région, critiqués par une partie des opinions publiques africaines, a assuré avoir été pleinement rassuré sur ce point par ses homologues africains. 

"Commandement conjoint" 

Le président français et ses homologues africains - Roch Marc Christian Kaboré (Burkina), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), Mahamadou Issoufou (Niger) et Idriss Déby (Tchad) - ont surtout décidé de davantage coordonner leur action militaire en la concentrant sur la zone des trois frontières (Mali, Niger, Burkina), et en visant en priorité l'EIGS (Etat islamique au Grand Sahara).

Cette coordination s'effectuera "sous le commandement conjoint de la force Barkhane et de la force conjointe du G5 Sahel", précise la déclaration commune, qui évoque aussi des mesures pour restaurer la présence de l'Etat, des administrations et des services publics dans de vastes zones où elle n'est plus, notamment au Mali, et la poursuite des efforts en matière d'aide au développement, un des autres axes stratégiques du G5. 

Le sommet s’est conclu par un dîner de travail auquel s'est joint le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, et le président du Conseil européen, Charles Michel. 

L'occasion pour les Africains et leur allié français de plaider pour un appui renforcé des Européens encore frileux à s'investir pleinement dans la lutte anti-jihadiste au Sahel.

Ce sommet s'est tenu au lendemain de l'annonce des pires pertes subies par l'armée nigérienne jeudi dans une attaque jihadiste: 89 soldats tués, dans le camp de Chinégodar, près du Mali. 

Un nouveau sommet associant les Etats du G5 Sahel et la France se tiendra en juin 2020 à Nouakchott, "rendez-vous" pour faire le point sur la stratégie annoncée.

"Il nous faut des résultats probants et rapides, nous jouons tous la crédibilité de chacun de nos pays et de la coalition", a conclu le président Kaboré.

Quid avec AFP