1er Sommet arabo-européen : une déclaration finale pour renforcer la coopération régionale

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Le renforcement de la coopération régionale est la clé de voûte pour relever les défis communs auxquels sont confrontés les pays arabes et l'Union européenne, ont souligné lundi à Charm El Cheikh, les dirigeants arabes et européens qui ont pris part au 1er Sommet arabo-européen.

Ils ont exprimé, dans une déclaration finale, leur détermination à partager leurs expériences et à approfondir le partenariat arabo-européen afin de réaliser des objectifs communs, de soutenir la paix, la stabilité et la prospérité, de garantir la sécurité, de promouvoir le développement économique, social et technologique et de créer des opportunités communes grâce à une approche coopérative.

Ainsi, ils ont souligné la nécessité de placer la population des deux régions, en particulier les femmes et les jeunes, au centre des efforts de développement.

La Déclaration affirme l'engagement des deux parties en faveur d'une action multilatérale efficace et d'un système international fondé sur le droit international visant à relever les défis mondiaux, notamment une coopération accrue entre la Ligue arabe, l'Union européenne, les Nations Unies et l'Union africaine.

Et de souligner l'engagement pris dans le Programme de développement durable de 2003, y compris les défis communs tels que la migration, la protection et le soutien des réfugiés en vertu du droit international, le respect de tous les aspects des droits humains internationaux, la condamnation de toutes les formes d'incitation à la haine et à l'intolérance et la promotion de la lutte contre la migration irrégulière.

Ils ont souligné l'importance de promouvoir la coopération économique entre les deux parties, d'établir un partenariat solide basé sur l'investissement et le développement durable et d'élaborer un programme de travail coopératif, en particulier dans les domaines du commerce et de l'énergie, notamment la sécurité énergétique, la science, la recherche, la technologie, le tourisme, la pêche, l'agriculture et d'autres domaines d'intérêt commun.

La Déclaration de Charm El Cheikh a réaffirmé que la résolution politique des crises régionales conformément au droit international y compris le droit international humanitaire est la clé de voûte pour la réalisation de la paix et de la prospérité dont aspirent et méritent les populations de la région.

Elle a rappelé les positions communes du processus de paix au Moyen orient y compris le statut d'Al Qods et les colonies israéliennes sur les territoires palestiniens occupés qui violent la légalité internationale, affirmant l'engagement continu pour parvenir à une solution de deux Etats en tant que l'unique voie réaliste à même de résoudre définitivement l'occupation entamée depuis 1967 et qui comprend Al Qods est.

Quid du Proche-Orient ?

Les dirigeants arabes et européens ont mis l'accent, également, sur l'importance des négociations directes entre les Palestiniens et les Israéliens pour parvenir à une paix juste, durable et globale.  

La Déclaration a, par ailleurs, mis en avant le rôle important de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), appelant à son soutien politique et financier pour mener à bien son mandat onusien tout en exprimant sa préoccupation de la situation humanitaire, politique, sécuritaire et économique dans la Bande de Gaza.

Le document a relevé que les deux parties ont tenu des consultations constructives, sérieuses et approfondies sur les derniers développements en Syrie, en Libye et au Yémen et sur les moyens de réaliser des progrès dans la réconciliation et de parvenir à des solutions politiques durables sur la base des résolutions onusiennes sur ces questions, notant dans ce sens l'impératif de préserver l'unité, l'intégrité territoriale et la souveraineté de ces Etats et d'appuyer les efforts déployés par l'ONU dans ce cadre. 

Au sujet syrien, la déclaration fait savoir qu'une résolution durable requiert un réel processus de transition politique conformément à la déclaration de Genève de 2012 et des résolutions du Conseil de sécurité notamment la résolution 2254, exprimant sa condamnation des attentats terroristes et des violations des droits de l'Hommes perpétrés contre le peuple syrien nonobstant leurs commanditaires. 

La crise en Libye

En ce qui concerne la crise en Libye, le document fait part de son appui aux efforts onusiens et à l'accord politique libyen de 2015, appelant les parties libyennes à adhérer de bonne foi aux efforts déployés par l'ONU visant à faire aboutir le processus de transition démocratique et à s'abstenir de tout acte de nature à exacerber les tensions et menacer la paix et la stabilité du pays. 

Concernant le Yémen, les dirigeants arabes et européens ont salué l'accord de Stockholm, notamment le volet relatif au cessez-le-feu à Hodeida et les résolutions 2216, 2451 et 2452 du Conseil de sécurité, faisant part de leur préoccupation de la situation humanitaire gravement détérioré qui impacte des millions de citoyens.

A cet égard, ils ont appelé à assurer l'acheminement des aides humanitaires aux nécessiteux et la mobilité sans entrave du personnel des organisations humanitaires, exhortant l'ensemble des parties prenantes à oeuvrer pour parvenir à une résolution politique durable et globale au service du peuple yéménite. 

Préservation du régime international sur la non prolifération des armes nucléaires

Par ailleurs, les deux parties ont fait part de leur préoccupation quant aux menaces guettant la paix et la sécurité internationales et régionales, dont le terrorisme, l'extrémisme, la prolifération et le trafic illicite d'armes, le crime organisé, lesquels constituent des défis requérant la coordination des efforts sur la base du droit international. 

Pour les deux parties, la paix, la sécurité, les droits de l'Homme, le développement économique et social sont indissociables, mettant l'accent sur l'importance de la coopération et la coordination pour lutter contre la mobilité des combattants terroristes entre les frontières.

Le sommet a souligné l'impératif de préserver le régime international sur la non prolifération des armes nucléaires et de faire du moyen Orient une région exempt des armes de destruction massives.

Ce conclave arabo-européen a relevé aussi l'importance de lutter contre l'intolérance culturelle, cultuelle et l'extrémisme et contre les stéréotypes et les idées reçues stigmatisant une catégorie ou incitant à la discrimination ou la violence contre des personnes sur la base de leurs religions ou croyances. 

Les deux parties se sont mis d'accord de tenir des réunions périodiques de manière alternative dans les pays arabes et européens, comme elles ont convenu de tenir le prochain sommet arabo-européen à Bruxelles en 2022.