Benkirane s'abstient de condamner les crimes de l’Etat Islamique et le secrétaire général de la jeunesse du PJD trouve des excuses aux jihadistes

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On s'attendait à ce que Benkirane saisisse l'occasion de l'ouverture de la dixième édition du forum de la jeunesse de son parti dimanche dernier, pour condamner la barbarie de l'Etat Islamique. Mais il l'a préféré regarder ailleurs, évitant ainsi non seulement d'attaquer un mouvement islamiste, mais aussi de créer une réaction dans une salle acquise à la cause du calife, profondément enracinée dans la culture des différents courants islamistes.

Passer sous silence un sujet de grande actualité sur la scène arabe et mondiale est une erreur grave. Les crimes de l'EI en Irak et en Syrie contre les Musulmans, les Chrétiens, les Yazidites et les étrangers devraient inciter le chef du gouvernement du Maroc, issu de la mouvance islamiste, de prendre ses distances avec les nouveaux barbares en les condamnant de manière claire et solennelle. Sa double casquette ne lui donne pas le droit de ne pas s'exprimer sur un sujet de politique étrangère du Maroc. La dissimulation des positions à ce niveau est inadmissible. La politique étrangère est une politique nationale déterminée par les intérêts nationaux et non par un alignement sur qui que se soit.

Le silence du chef du gouvernement et du PJD a été indirectement expliqué par le secrétaire national de la jeunesse du PJD. Dans un entretien avec le journal « Akhbar Alyaoum, Khalid Boukarii a choisi de défendre les jihadistes qui ont rejoint les rangs de Da3ich, les qualifiant de victimes de la politique religieuse officielle , appelant à l’ouverture d’un dialogue avec eux pour les convaincre et surtout invitant l’Etat à changer de politique religieuse aux seules fins de satisfaire la mouvance islamiste.

Il ne faut pas s’en étonner, Benkirane lui même a choisi de prononcer un discours très idéologique devant la jeunesse du PJD, leur rappelant qu'ils sont avant tout des islamistes et qu'ils ne doivent pas s’éloigner d’un iota de leurs fondamentaux idéologiques, ces fondamentaux mêmes qui ont poussé le secrétaire général de la jeunesse à se faire l’avocat des jihadistes.

Le chef de file du PJD a, par la même occasion, assuré ses troupes que le peuple marocain, qui a tout accepté jusqu'à présent, acceptera toutes les mesures gouvernementales à venir sans réaction négative et répondra amen aux islamistes. Dans la foulée de son double jeu, il a incité la jeunesse de son parti à créer la confusion en leur conseillant d'occuper l'espace de l'opposition. L'opposition de qui, à qui ? Sûrement pas du gouvernement et surtout pas à Benkirane.

Autre fait marquant de ce forum mais qui n’a pas trop attirer l'attention des jeunes du PJD, c'est que Benkirane, en parlant de l'agression contre le peuple palestinien à Gaza, a utilisé un langage qui reconnaît explicitement l'entité sioniste en parlant de « l'Etat d’Israël » et en lui lançant un appel en tant que tel pour conclure la paix, ce qui constitue une première pour un chef islamiste. La visite à Washington est certainement passée par là.