Chambre Basse : Ghellab se lance dans l’aventure

5437685854_d630fceaff_b-
1
Partager :

couvert-karim-ghellab

La présidence de la chambre des représentants s’annonce comme une rude bataille entre le candidat PJD-RNI-MP-PPS et le président sortant, l’istiqlalien Karim Ghellab.

Théoriquement l’affaire est pliée pour le candidat de la majorité Rachid Talbi Alami du rassemblement national des indépendants dont le poste a été négocié par Salaheddine Mezouar en plus des huit portefeuilles ministériels obtenus par le parti de la Colombe lors de la formation du gouvernement Benkirane II. Avec la candidature de l’’ancien président du RNI, Mustapha Mansouri l’acquis semblait compromis, la dispersion des voix des partis de la majorité pouvant alors favoriser la reconduction de l’actuel président.

Mais les RNIstes ont fini par dissuader Mostapha Mansouri qui a retiré sa candidature, laissant seul en lisse Rachid Talbi Alami auquel la présidence de la chambre basse était promise et pour laquelle il avait renoncé à entrer au gouvernement.

Sur le papier, la candidature de Karim Ghellab, un technocrate de haut vol tombé très tard dans l’escarcelle politique de l’Istiqlal, n’a aucune chance d’aboutir. Bien sûr, le président sortant compte sur le bilan de sa triennale à la tête de la chambre des représentants et de sa stature et renommée d’homme d’Etat pour fédérer une majorité relative autour de son nom.

« Rien n’empêche que je sois de nouveau président de la chambre basse. Ce poste n’obéit pas à la logique de l’opposition ou de la majorité. En fait, le président de la Chambre ne doit pas nécessairement appartenir à la majorité. La fonction de président de la Chambre est par nature neutre car son titulaire doit veiller à la bonne marche de l’ensemble des organes relevant de la Chambre, quelle que soit son appartenance politique ou partisane», avait-il affirme Karim dans un entretien avec Assabah daté du 25 mars.

Le jour même Narjis Rerhaye relevait dans Quid.ma que « l’étoile montante de l’Istiqlal [était] en train de multiplier les contacts et sonder ses chances. Ira-t-il ? N’ira-t-il pas ? ».

Avec l’annonce officielle de sa candidature et la conférence de presse qu’il tiendra ce mardi après-midi, Karim Ghellab a franchi le Rubicon. Numériquement il part battu, mais la politique au Maroc à des logiques que la logique ignore. Le vote étant secret, il est possible que le président sortant espère quelques ralliements RNI et MP pour le reconduire à la présidence de la chambre basse. Ce qui n’est pas encore gagné d’autant plus que l’allié socialiste arrive au mi-term parlementaire en ordre dispersé en raison des divergences entre le premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, et son groupe au parlement mené par le quasi-dissident Ahmed Zaydi.

L’aura-t-il ? Ne l’aura-t-il pas ? Les paris sont ouverts et le couperet tombera ce vendredi 11 avril date de l’ouverture de la session du printemps. Jusque-là, Karim Ghellab, à l’exception de la course pour la présidence de la commune de Casablanca, ne s’est engagé que dans des parties assurées et pour une fois il part à la conquête de l’inconnu. Quoi qu’il en soit au soir du vendredi, le président sortant se sera au moins livré à un exercice nouveau pour lui.