Coup de tonnerre en France : triple mise en examen de Nicolas Sarkozy pour corruption active, trafic d'influence et recel de violation du secret professionnel

5437685854_d630fceaff_b-
1
Partager :

couv-nicolas-sarkozy

Après une garde à vue de 15 heures Sarko est conduit aux juges qui lui signifient sa mise en examen

L'ancien président français Nicolas Sarkozy, a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi pour corruption active, trafic d'influence et recel de violation du secret professionnel, des délits passibles de peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison ferme, a-t-on indiqué de source judiciaire.

Après quinze heures de garde a vue dans les locaux de l'office anti-corruption, une première pour un ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy a été conduit au pôle financier du Tribunal de Grande Instance (TGI) où deux juges lui ont signifié sa mise en examen.

Trois autres personnes proches de l'ancien président français ont été également mises en examen dans le cadre de cette affaire, à savoir son avocat Thierry Herzog et deux hauts magistrats de la Cour de Cassation.

Nicolas Sarkozy avait déjà été mis en examen en mars 2013 pour abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt avant de bénéficier d'un non-lieu sept mois plus tard. L'enquête sur cette deuxième mise en examen avait été ouverte en février dernier sur la base d'écoutes téléphoniques qui ont visé Nicolas Sarkozy et ses proches. Ces interceptions téléphoniques auraient révélé que l'ancien chef de l'Etat français et son avocat étaient renseignés d'une procédure judiciaire en cours à la Cour de cassation.

Ces développements judiciaires interviennent au moment où Nicolas Sarkozy s'apprêtait à annoncer sa candidature à la présidence de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP-opposition). Plusieurs ténors de cette formation politique ont apporté leur soutien à Nicolas Sarkozy mercredi alors que le Premier ministre Manuel Valls a jugé que "les faits étaient graves" et que personne n'est au-dessus des lois.

Dans une virulente tribune publiée le 20 mars dernier dans Le Figaro, Nicolas Sarkozy dénonçait des écoutes "dignes de la Stasi", la police politique de l'ex-Allemagne de l'Est.

Qu’en pensent les médias européens ?

Les ennuis judiciaires de l'ex-président français, Nicolas Sarkozy, fait le menu de la presse européenne ce mercredi. En France, la décision de la police judiciaire de placer en garde à vue Sarkozy dans le cadre d'une enquête pour trafic d'influence présumé retient largement l'attention des journaux.

“Certes, le choc est grand de voir un ancien président de la République en garde à vue”, écrit “Le Figaro” qui s'interroge : “mais, après tout, n'est-il pas redevenu un justiciable comme un autre ? Soumis, comme tout citoyen, à la loi ?”.

Sous le titre “Comme un autre ?”, l'éditorialiste relève que Sarkozy est aujourd'hui dans un tourbillon judiciaire exceptionnel, estimant qu'“on a le sentiment qu'un régime judiciaire très particulier lui est réservé. C'est même plus qu'une impression”.

“Le placement en garde à vue d'un ancien président de la République est une décision totalement inédite”, écrit de son côté “Le Monde”, faisant savoir que les magistrats qui mènent leurs investigations dans la plus grande discrétion, enquêtent sur un réseau d'informateurs susceptibles d'avoir renseigné les proches de Sarkozy, voire l'ancien président lui-même, sur les procédures judiciaires pouvant le menacer.

“Au-delà des procédures, c'est une pratique politique que la succession des affaires a mise au jour ces dernières années. Une pratique fondée sur des manipulations, des arrangements, des détournements de règles, quand ce n'est pas le mépris de la loi”, affirme “Libération”. “S'il souhaite encore revenir en politique et même reconquérir le pouvoir, Sarkozy va devoir assumer devant les Français ce que les enquêtes ont révélé”, estime l'éditorialiste.

Toujours avec le même dossier, le quotidien britannique “Guardian” souligne que cette affaire, portant sur des accusations de financement de la campagne présidentielle de 2007 par l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, pourrait compromettre l'avenir politique de l'ex-président qui s'apprêtait à faire un retour sur la scène politique.

“C'est un coup dur pour Sarkozy et ses espoirs d'un retour en politique avant 2017”, note le journal, indiquant que l'avocat de Sarkozy, Thierry Herzog, et un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, avaient eux aussi été mis en examen. Le délit de trafic d'influence est passible d'une peine de cinq ans d'emprisonnement et 500.000 euros d'amende, rappelle-t-il.

Pour sa part, le “Daily Telegraph” revient sur les retombées politiques de cette affaire de corruption qui enflamme les médias et réseaux sociaux britanniques. La mise en examen, précédée par une garde à vue, de Nicolas Sarkozy est “une première pour un ancien chef de l'Etat” qui encourt une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à dix ans, écrit le journal, précisant que les accusations portées à son encontre s'appuient sur des écoutes téléphoniques.

En Espagne, les quotidiens consacrent leurs manchettes à l'arrestation et à l'inculpation de Nicolas Sarkozy pour présumé trafic d'influence et corruption.

“L'ancien président a passé la nuit à la disposition du juge après avoir été mis en examen durant 15 heures au commissariat devant la police judiciaire”, rapporte le journal ABC, notant que l'arrestation de Sarkozy est une première dans l'histoire de la Vème république.

Pour le grand tirage “El Pais”, le retour de Sarkozy en politique se trouve sérieusement entravé après son inculpation pour abus de pouvoir. “C'est la première fois qu'un président français est retenu dans un commissariat de police depuis la fin de la quatrième République”, précise-t-il. “Après 15 heures de mise en examen, Sarkozy a été conduit dans la nuit devant le juge”, croit savoir le quotidien, indiquant que son parti, l'Union pour un Mouvement populaire (UMP), réclame que Sarkozy soit de retour pour réponde à la montée de l'extrême droite, écrit le journal.