Des changements en trompe l’œil à Alger

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Après la mise à l’écart de Adelaziz Belkhadem, ex-homme de confiance et fer de lance du président, et la chirurgie opérée sur les corps sécuritaires et militaires, les rumeurs ne cessent de s’amplifier sur une éventuelle mise à la retraite, imminente, de l’homme fort de la DRS, le général Mohamed Mediéne (Taoufik). Ce dernier, qui était autrefois l’homme fort du pouvoir et le faiseur des présidents, se trouve aujourd’hui affaibli à la suite du démembrement de la DRS. Le général Taoufik est accusé par ses nouveaux détracteurs de s’opposer au quatrième mandat et même de comploter contre le clan présidentiel dirigé par Saïd Bouteflika et le vice ministre de la défense et chef de l’état-major des armées, le général Ahmed Gaïd Salh.

S’agit-il d’une réorganisation menée par le président malade ou d’une guerre entre factions en prévision d’une transition de pouvoir ?

Les choses ne sont pas claires et le pouvoir algérien donne toujours l’impression de ne pas être touché par la crise politique et institutionnelle qui dure depuis le transfert du président Abdelaziz Bouteflika au Val-de-Grace.

Seulement les dynamiques en cours à tous les niveaux et les changements de têtes, comme dans un jeu d’échecs, confirment que la situation en Algérie est loin d’être reluisante contrairement aux apparences.

Les changements ne se limitent pas aujourd’hui au corps militaire et sécuritaire, ou encore aux postes clés du pouvoir aux niveaux centraux et régionaux, mais à l’organisation patronale également. Cette organisation, sous contrôle, qui a été accusée par l’opposition de jouer un rôle politique et même de devenir un lobby dangereux au service du clan présidentiel, se prépare à mettre à la retraite son président Réda Hamiani. Le président du Forum des Chefs d’Entreprises Algériens (FCE), qui a impliqué son association dans les dernières élections présidentielles contre l’avis de plusieurs chefs d’entreprises, a annoncé le 6 septembre, de manière surprenante son intention de se libérer de sa responsabilité pour aller se consacrer à sa famille et sa santé.

Cette annonce surprise de celui qu’on a accusé de collecteur et bailleur de fonds pour la campagne de Bouteflika pour un quatrième mandat est survenu après une crise profonde au FCE. Réda Hamiani est rattrapé par la chaleur de la crise politique et par les changements d’alliances qui se dessinent. Le capital est froussard. Il l’est encore plus dans un Etat policier gangréné par la corruption.

L’utilisation de la carte de l’hostilité au Maroc ne réunit plus que ceux qui en tirent profit. Les dangers auxquels l’Algérie fait face aujourd’hui a incité beaucoup d’esprits à se concentrer sur les vraies priorités algériennes, y compris une coopération maghrébine indispensable contre le terrorisme et l’immigration de masse qui s’accentue. La région de Tindouf, contrôlée aujourd’hui par les séparatistes du Polisario qui s’adonnent à un commerce transfrontalier dangereux, est devenue un danger pour la sécurité nationale algérienne. Ce qui s’y passe actuellement a valeur d’avertissement. Les contrôlés peuvent devenir incontrôlables et passer à l’activation de leur projet du Grand Sahara cher aux nostalgiques de la période coloniale. Aucun pays de la région, quelque soit le volume de ses armes et le nombre de son armée, n’est en mesure de faire face, de manière isolée, aux nouveaux défis.