Jennifer Rubin dans le Washington Post: L'ONU doit assumer sa pleine responsabilité face à la tragédie des camps de Tindouf

5437685854_d630fceaff_b-
1
Partager :

jenifer-rubin

L'Organisation des Nations Unies et la communauté internationale dans son ensemble se doivent d'assumer leurs  responsabilités face à la tragédie et à la situation des droits de l'Homme innommable qu'endurent les populations dans les camps de Tindouf par le fait des dirigeants du Polisario et de leurs soutiens à Alger, a souligné la journaliste américaine Jennifer Rubin, dans une tribune publiée dans le Washington Post.

"La situation de blocage dans laquelle se trouve la question du Sahara fait le lit aux trafics des êtres humains et des drogues, un contexte qui favorise l'intensification des activités terroristes en Afrique du nord", met en garde  Mme Rubin dans cette analyse intitulée "Une autre tragédie de réfugiés sous le nez des Nations Unies", en imputant la responsabilité des affres qu'endurent les populations dans les camps de Tindouf à l'Algérie et aux dirigeants  séparatistes.

L'auteur de cette tribune, qui a interviewé Mohamed Chérif, un activiste sahraoui des droits de l'Homme et président de l'association "Lumière et  Justice", qui a réussi il y a plusieurs années à regagner la Maroc,  raconte "la persécution" que ce dernier avait enduré des mains des milices du Polisario pour avoir osé s'élever contre les affres qu'endurent les populations séquestrées dans des prisons à ciel ouvert "sans liberté de mouvement, ni  d'expression, et encore moins d'association".

"Chérif a été emprisonné de 1981 à 1986 dans le camp Rachid qu'il qualifie de camp de rééducation", rappelle Jennifer Rubin, en précisant que cette  technique de persécution consistait à isoler Mohamed Chérif dans un trou creusé à même le sol.

Tout en insistant sur le rôle primordial des différentes agences humanitaires des Nations Unies pour mettre fin à cette "travestie des droits de l'Homme", Jennifer Rubin stigmatise le refus de l'Algérie d'autoriser un  recensement des populations séquestrées, pointe du doigt le détournement par les dirigeants séparatistes de l'aide humanitaire et s'élève contre la prise  d'otages à laquelle recourent les milices du Polisario contre les proches de toute personne se déplaçant en dehors des camps de Tindouf.

Pis encore, les populations de Tindouf ne disposent pas de documents de voyage que doit fournir le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) conformément aux conventions internationales pertinentes, note-t-elle, soulignant que cette situation se traduit par des mouvements de protestations dans les camps devant des responsables du HCR.

"Le conflit du Sahara n'a que trop duré. Il est temps (pour la communauté  internationale) de mettre l'Algérie et le Polisario face à leurs  responsabilités", affirme Mohamed Chérif, cité dans cette tribune, en rappelant  que le Maroc a proposé un plan d'autonomie au Sahara que les Etats-Unis et bien  d'autres puissances occidentales avaient qualifié de sérieux, crédible et  réaliste.

"En face, l'Algérie et le Polisario campent dans une posture figée et refusent de coopérer", regrette Jennifer Rubin.