L’extrême droite à la conquête de l’Europe ou le « printemps » européen

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L’Europe vire plus à droite, à l’extrême.  De gaule et Adenauer, Kohl et Mitterrand auraient resenti les résultats des élections européennes de 2014 comme  un drame. La montée du Front National, aux origines poujadistes fascistes, en France est, en quelque sorte, similaire à la montée des nazis au début des années 1930 en Allemagne. Cette dernière a envoyé le premier député new nazi au parlement européen,  en plus de d’autres députés du nouveau parti de l’extrême droite AFD. Des news nazis grecs du parti Aube Dorée et des fascistes hongrois, italiens, hollandais, autrichiens... font leur entrée au parlement européen.

Des partis eurosceptiques et racistes comme  le parti populaire danois et  le parti  Ukip britannique ont eux aussi fait des scores similaires au FN et pu déclasser la droite modérée et la gauche en leur ravissant le premier rang. Le  parti raciste néerlandais PVV, menant sa compagne contre l’immigration marocaine et contre l’Islam, quoiqu’en retrait, s’est assuré une représentation au parlement européen.

L’extrême droite, eurosceptique,  peut peser trois fois plus que dans le parlement sortant, environ 140 députés. Ce qui est énorme. Elle peut aujourd’hui former un groupe parlementaire. Il lui suffit 25 députés de 7 pays pour y arriver. Marine Lepen, compte sur ses alliances pour y arriver.

Les résultats des élections européennes  ne changent, certes, pas l’équilibre des forces de manière radical. La droite modérée (PPE) garde son rang de première force politique au parlement européen  avec 213 députés, malgré une perte de plus de 60 sièges, et les socialistes ( PSE) leur rang de 2e force avec 186 sièges, en recul de 12 sièges, ce qui fait une majorité de 398 députés sur 751 députés. Une majorité qui peut être renforcée par 71 libéraux, 55 verts et 45 députés de la gauche radicale. Mais le laxisme des verts et de la gauche radicale, sans projet clair, peut être d’une grande utilité pour l’extrême droite, épousant un discours populiste. Malgré les différences majeures.

Cette montée, de l’extrême droite en Europe, et de la gauche radicale dans les pays du sud du continent, constituent une réaction irrationnelle de l’électorat européenne contre une UE qui se construit autour de la finance et au prix du creusement des inégalités et de la destruction de l’emploi. Elle reflète également l’incertitude partagée des européens devant les changements en cours des équilibres dans le monde, vécus comme un choc, et également devant un vieillissement de la population, ce qui risque d’exacerber les dérives.

Les réactions à l’hégémonie allemande, qui échappe à la montée de l’extrêmedroit, reflétée par un euro qui est en fait la continuation du Mark et une politique monétaire du BCE respectant l’orthodoxie allemande, malgré les allégements apportées par Draghi, sont également pour quelque chose dans cette percée extrêmiste, surtout en France et dans les pays du sud de l’Europe.

Les Européens sont en train de vivre un épisode similaire à celui que le monde arabe a connu ces dernières années. L’extrême droite européenne et les islamistes, même s’ils se détestent en apparence, ont en commun plusieurs similitudes, et surtout des valeurs communes. Les islamistes sont notre extrême droite avec des barbes et des hijabs et des Burkas en plus. Un printemps européen, qui est probable si l’économie européenne tombe dans le piège de la déflation et le chômage de masse, peut s’avérer dangereux pour la démocratie en Europe.