La CDT appelle à la grève ‘préventive’

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Le Conseil national de la Confédération Démocratique du Travail (CDT) s’est réuni le 13 septembre 2014. Suite à cela, le syndicat est sorti avec la décision d’une grève générale préventive de 24heures.

Il fallait s’y attendre. La CDT appelle à une grève générale de 24heures, en signe de protestation contre la gestion du volet social par le gouvernement. La date n’a pas encore été décidée par le syndicat, mais elle sera prochainement communiquée.

Pourquoi donc une grève préventive ? Touria Lahrach, membre du bureau exécutif de la CDT et coordinatrice de la section de la femme, explique à quid.ma qu’il s’agit d’un « signal d’alarme, en attendant une réaction du gouvernement. » La CDT fustige justement le gouvernement de Benkirane : « Il n’a pas honoré ses engagements. Il n’a pas tenu ses promesses de continuer les réformes promises et non-tenues par les gouvernements précédents, suite aux négociations d’avril 2011. De plus, il n’a pas mené de débat sur la retraite à travers des négociations collectives. Il a pris des décisions unilatérales et c’est très dérangeant. » Cette grève a été donc décidée « sur fond d’appauvrissement des populations, vu les répercussions sociales de l’augmentation des prix de plusieurs produits, ainsi que la situation de plus en plus désastreuse des travailleuses. » L’appel à la grève a été précipité aussi par les entraves à la liberté syndicale, déplorées par la CDT, en plus des limogeages et incarcérations que le syndicat relève parmi les grévistes.

La goutte qui a fait déborder le vase est la prise de mesures anticonstitutionnelles par le gouvernement Benkirane. La situation du dossier de l’enseignement en est un exemple parmi plusieurs : « Les enseignants supposés partir en retraite le savent en septembre. Après, ils quittent leur post en janvier de la même année scolaire. Maintenant, le gouvernement a approuvé une mesure suite à laquelle ces enseignants-là devront rester jusqu’en juin. Nous avons tous été pris de court, parce que cette mesure est entrée en vigueur sans consultation des syndicats. » Touria Lahrach critique l’absence d’un débat sur la pénibilité dans le cadre de la réforme des retraites. Elle estime qu’il faut en parler à l’heure actuelle, puisque « les conditions dans lesquelles travaillent les enseignants maintenant posent un débat là-dessus : il y a plus de quarante élèves par classe, avec parfois des niveaux différents. Les emplois du temps du corps enseignant sont également trop chargés… On ne peut pas prendre de décisions pareilles de façon unilatérale. »

Le ton de cette rentrée politique est donné d’emblée. Il se fait donc sur fond de tentions entre gouvernement et syndicat, traduisant une pression sociale qui poussera la CDT à préciser une date de grève générale. Cette grève, la CDT la prévoit pour le secteur public comme privé.