La DG du FMI Christine Lagarde chez Abdalilah Benkirane avant l'annonce de nouvelles noces

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La directrice générale du FMI Christine Lagarde effectuera une visite au Maroc mercredi 7et jeudi 8 mai avant de se déplacer en Jordanie pour une conférence sur la croissance, l'emploi et l'équité dans le monde arabe. Au programme de la visite de Lagarde au Maroc, des réunions avec le chef du gouvernement A. Benkkirane, le ministre de l'économie et des finances M. Boussaid et le gouverneur de BAM A. Jouahri. Elle est prévue également qu'elle anime une conférence à l'UIC.

Cette première visite de Mme Lagarde, en tant que DG du FMI, sera l'occasion pour mettre le point avec ses interlocuteurs marocains sur la situation économique au Maroc, et éventuellement au Maghreb,  et sur la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement pour bénéficier de la ligne de précaution et de liquidité ( LPL ), dont le Maroc a évité jusque-là l'utilisation.

La LPL (6,3 MM$), octroyée pour 2 ans et maintenue après les contrôles périodiques effectués par les experts du FMI, doit prendre fin début du mois d’août prochain.  Le gouvernement reste silencieux sur une éventuelle demande de  prorogation pour les deux années à venir. Cette question sera certainement au centre des entretiens de la DG du FMI avec les responsables marocains.

La prorogation de cette ligne, utilisée jusqu'ici comme ligne de précaution, sera conditionnée et adossée à la mise en place d'un programme conforme aux exigences du FMI, toujours sous influence des new libéraux.

Le FMI, et avec lui la BM, maintiennent leur pression sur le Maroc pour introduire un régime de change plus flexible et pour réformer le marché du travail en introduisant la flexibilité, en plus de l’achèvement du processus de décompensation, la baisse du déficit budgétaire et la réforme des systèmes de retraites.

Selon une étude actualisée sur les pays arabes en transition datée le 9 avril 2014 (en anglais), le  Maroc est confronté à des défis et des risques majeurs.

Un ralentissement prolongé de la croissance chez ses partenaires commerciaux, en particulier dans la zone euro, pourrait avoir  un impact négatif sur  sa croissance domestique et sa balance des paiements. Une montée de volatilité des marchés financiers, suite à la sortie des politiques monétaires non conventionnelles utilisées par les économies avancées, pourrait limiter l'accès aux marchés internationaux de capitaux. La demande sociale peut ralentir la mise en œuvre des réformes nécessaires . A court terme, Le Maroc doit, selon les rédacteurs du rapport, veiller à la stabilité macroéconomique en continuant à œuvrer pour  la maîtrise les déficits budgétaires et extérieurs et en adoptant  les réformes difficiles mais nécessaires. Dans ce cadre, le gouvernement doit tenir à la soutenabilité budgétaire, et ce à travers la poursuite de la réduction de la masse salariale et des subventions. Les subventions universelles coûteuses devraient être progressivement remplacées par des programmes sociaux bien ciblés. Ils ont  également signalé que la réforme  de la loi organique de la loi des finances est soumise au Parlement et insisté sur la nécessite et l'urgence de la réforme du système de retraite pour en assurer la viabilité. A moyen terme, les experts du FMI prônent des politiques visant à promouvoir une croissance forte et plus inclusive et à créer plus de postes d'emploi. Pour y arriver, ils insistent toujours sur le caractère fondamental de la stabilité macro-économique. Pour améliorer la compétitivité, augmenter le potentiel de croissance et réduire le chômage, ils exigent que  les réformes structurelles visant à améliorer le climat des affaires, la gouvernance, la transparence, la reddition des comptes et la primauté du droit soient accélérées. Dans ce cadre, ils insistent sur la réforme de la justice et du  système fiscal, la facilitation de l'accès au crédit et l'amélioration de la qualité de l'enseignement.  Pour eux le Maroc gagnerait également à converger vers un régime  de change plus flexible, du fait qu'il lui permettra d'améliorer sa compétitivité externe et renforcer sa capacité  d'absorber les chocs.

Les experts du FMI affirment que l’exécution de ce programme est indispensable pour obtenir l'aide des partenaires du Maroc, en particulier dans les domaines de la fiscalité , la consolidation budgétaire et la politique monétaire et la gestion du taux change.