La montgolfière algérienne

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L’Algérie a succédé à l’Egypte au rang de mère des civilisations, sans les pyramides toutefois, et même pas une mosquée digne de ce nom si l’on excepte la grande mosquée d’Alger construite par l’almoravide Youssef Ibn Tachfine qui régna depuis Marrakech sur le Maghreb et l’Andalousie

Un champion poids lourd hors catégorie. Un égo nationaliste que ne contiendrait pas la plus gigantesque des montgolfières. Je parle bien sûr de Ramtane Laamamra, ministre des affaires étrangères de l’Algérie. Qui a succédé comme chacun sait à l’Egypte au rang de mère des civilisations, sans les pyramides toutefois, et même pas une mosquée digne de ce nom si l’on excepte la grande mosquée d’Alger construite par l’almoravide Youssef Ibn Tachfine qui régna depuis Marrakech sur le Maghreb et l’Andalousie. Ramatane Laamamra était à la conférence internationale sur l"'investissement en Tunisie" comme Obama au sommet de l’OTAN, le centre du monde. Ecoutez-le parler : "La stabilité et le développement de la région sont tributaires du rôle d'avant-garde de l'Algérie en tant que pays pivot en Afrique du nord et au Maghreb, un pays qui recèle des ressources et des moyens à même de lui permettre d'assumer pleinement ce rôle".

Et il n’a pas tort le chef de la diplomatie algérienne. Son pays est d’une superficie qui avoisine les deux millions quatre cent mille Km2. De longues frontières avec six pays. Une population qui approche les quarante millions d’habitants. Beaucoup de gaz et de pétrole. Des réserves de quelques deux cents milliards de dollars. Ce qui lui permet par exemple de prévoir dans son budget pour 2015 treize milliards de dollars pour la défense et la sécurité. Soit six fois la valeur de 2008. C’est un chiffre sans cesse en croissance. Ce qui corrobore le célèbre adage : Qui aime la guerre, ne compte pas.

Mais ce tableau idyllique d’une puissance présumée et surtout prétentieuse ne résiste pas à l’examen. Ce riche pays « qui recèle des ressources et des moyens à même de lui permettre d'assumer pleinement ce rôle » a quelques Talons d’Achille. Au cours de l’université d’été du FJD, selon le site algérien TSA, Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement, a qualifié « les richesses naturelles de malédiction dans un pays rentier et répressif. » Il en résulte que l’Algérie importe « 75% de [ses] besoins en produits alimentaires dans une économie qui a connu une diminution, en continue, de 7,4 % pour la production de pétrole et de 34,7% pour celle de gaz et ce, depuis 2006 », tandis que « la consommation intérieure a explosé ». Du coup le virile gendarme de la région prend du plomb dans l’aile et n’a plus assez de ressources et de moyens pour donner du travail à tous ses jeunes. Et pas plus tard que le 8 septembre, toujours selon TSA, les chômeurs de la ville de Ouarghla, et ce n’est qu’un exemple, «ont barré l’entrée de la ville avec un camion chargé de bouteilles de gaz butane. Ils ont menacé de le faire exploser si on ne leur offrait pas un poste de travail ». En réponse, la police a offert à quatre d’entre eux un séjour dans ces geôles et aux autres des bombes lacrymogènes. Il parait que ça se mange et inspire un sentiment de puissance.