Le nouveau gouvernement français marque un virage à droite des socialistes. Une femme, d’origine marocaine, occupe le poste stratégique de l’Education Nationale

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Le président Français François Hollande s'est défini comme mitterrandiste depuis toujours. Suivant l'exemple de François Mitterrand en 1983, qui a choisi d'amorcer un virage à droite en adoptant une politique économique d'inspiration New classique  pour faire face à la stagflation, tout en détachant des services des ministres de  la gauche PS et les communistes, François Hollande a lui aussi choisi de rompre avec le keynésianisme, réhabilité par Michel Rocard,  et de renvoyer Montebourg, Hamon et la belle Aurélie Filippetti de son paradis pour  rejoindre les verts, les frondeurs et le Front de gauche dans leur bas monde.

Le deuxième gouvernement Valls, annoncé le 26 aout, ressemble beaucoup au gouvernement Fabius formé par Mitterrand en 1983. Ce gouvernement, dont Fabius en fait partie,  doit aussi introduire des réformes structurelles visant à s'attaquer à ce qui est considéré comme des rigidités dans le système français pour booster la croissance et rattraper le retard par rapport aux Allemands. Le choix de Valls, considéré par nombre de socialistes comme un intrus, pour la primature était déjà dans sa première version  annonciateur d'un virage droitier. Sa reconduction est une confirmation notamment par le remplacement de Montebourg à l’économie par Emanuel Macron.

Hollande, contrairement aux apparences, rêve  de surprendre et de rééditer l'exploit de Mitterrand en arrachant un deuxième mandat, malgré les données des sondages qui ne lui sont pas favorables jusqu’ici. Valls peut servir pour atteindre cet objectif en séduisant l'électorat conservateur et le lobby juif, étant un soutien enthousiaste du CRIF et d’Israël, ou au pire constituer un fusible.

A la différence des débuts des années 1980 où Mitterrand disposait de la  possibilité de changer de politique économique et d'utiliser les différents instruments  sans contraintes majeures, Hollande ne dispose pas de vraies marges pour introduire les changements voulus. La politique monétaire est centralisée par la BCE, privant ainsi les Etats européens de l'utilisation de l'instrument de la politique monétaire, et l'utilisation de l'instrument budgétaire, censée être décentralisée et souveraine, n'est possible que dans les limites imposées par le pacte de stabilité. L'ordo libéralisme allemand a fini par conquérir l'Europe. La France se trouve désarmée, voire piégée, ne sachant quoi faire pour éviter de devenir l'Homme malade de l'Europe. Ce sentiment d’être piégé par l'UE et l'Euro est aujourd'hui dominant en France. Il explique la montée de l’extrême droite et les réflexes d'une gauche perdue. Il réside derrière la gronde des ministres sortants et des frondeurs socialistes également. La  crise n'est pas finie.

Le nouveau gouvernement Valls a permis à la fille du Nador Najat Vallaud-Belkacem de remplacer le partant Hamon au ministère de l'éducation nationale, l'enseignement supérieur et la recherche. Elle est la première femme à se charger de ce ministère stratégique en France. Ce gouvernement a vu l'entrée d'une autre femme d'origine marocaine. Il s'agit de Mariem Khomri, nommé secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville. Ces deux femmes, issues de familles sans réseaux établis, n'auraient pas eu les mêmes chances si elles avaient grandies ici pour les raisons que l'on connait. La compétence, l'intelligence ou la culture ne comptent pas ici.