Les jihadistes en Syrie, le retour et ses incidences

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Les  jihadistes marocains partis en Syrie pour combattre le régime de Bachar Al Assad et les chiites prennent la fuite aujourd'hui après les revers des groupes  takfiristes (Da3ich et Annoussra), qui se sont retournés l'un contre l'autre. Comme leurs semblables de la « Qaida » et Talibans, beaucoup de jihadistes, préférant la mort à la vie, ne vont pas abandonner leur objectif «  d'afghanisation » et  de « somalisation » du monde. Quelques centaines parmi eux cherchent déjà  des points de chute ailleurs, surtout en Libye et aux pays du Sahels, pour continuer le jihad sacré. La nation ne fait pas partie de la culture des islamistes. D'autres, plutôt déçus par une expérience atroce, ou voulant faire le jihad contre leurs frères marocains préfèrent rentrer au Maroc.

La Turquie qui leur a ouvert ses frontières et les a aidés à aller tuer ou mourir en Syrie,   ouvre la voie aujourd'hui aux survivants parmi eux pour aller trouver un point de chute loin de son territoire. Les islamistes turques qui rêvent de ressusciter le calife ottoman en 2023 se trouvent contrariés par les événements et craignent que ces jihadistes soient  une autre source de déstabilisation.

Le nombre des islamistes marocains partis en Syrie est estimé à 1500 personnes, voire plus. Ils ont acquis une culture confessionnelle orientale, éprise de vengeance, et appris à tuer ceux qu'ils qualifient d'impies, apostats, chiites, soufis, chrétiens, juifs … c'est à dire tous ceux qui ne leur ressemblent pas. Parmi eux, on retrouve des ex-détenus dans des dossiers de terrorisme récidivistes.

Leur expérience durant une guerre civile des plus meurtrières et des plus sauvages, et leur échec également, ont certainement une influence sur leur psychique, leur mentalité et leur comportement, ce qui fait d'eux un danger public.

Selon une déclaration du représentant de la DGSN au programme «  Moubacharatoun Maakoum », le nombre des revenants n'a pas dépassé 33 jusqu'à présent. Ils ont été arrêtés bien sûr. Ces arrestations ont poussé d'autres à différer leur retour au pays ou à choisir d'autres destinations.

Les jihadistes marocains qui participé à la guerre en Syrie ne résident pas tous au Maroc. Un grand nombre d’entre eux est issus de l'immigration, surtout de la Belgique. Les services de sécurité ici ne peuvent pas les arrêter sauf si le pays d’accueil décide des les refouler ce qui n’est pas probable. Ces jihadistes peuvent toujours avoir une influence sur d'autres marocains issus de l'immigration et constituer une menace pour les pays d’accueil et pour le Maroc.

La coopération sécuritaire entre les services de sécurité des pays européens et les nôtres peut réduire cette menace, mais elle est insuffisante. La crise économique, la montée du racisme, l'échec scolaire des fils d'immigrés … constituent un terreau propice pour les réactions identitaires les plus folles et les tendances suicidaires. La faiblesse de la communication avec les marocains résidents à l'étranger les laisse désarmés devant des campagnes de lavage de cerveau par les groupes extrémistes.